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Vie de l'Eglise
«Pertinence, amour et confiance» Version imprimable Suggérer par mail
27-05-2010

Max Blaser, conseiller synodal, trésorier de l'Eglise protestante vaudoise, s'en va après quatre ans. Bilan $

blaserDans quelle situation financière laissez-vous l'Eglise protestante vaudoise à votre départ?
Max Blaser: Le passage au nouveau statut d'institution de droit public est un lourd héritage. Dans une institution où les salaires représentent 85% du budget, la subvention qui va se réduire ces prochaines années exige un redimensionnement rapide, si nous ne voulons pas nous trouver dans le rouge. C'est lourd à porter. Nous sommes contraints de réduire la voilure et j'y vois un paradoxe. La Constitution reconnaît la dimension spirituelle de la personne et l'importance des Eglises pour la société. Mais cette reconnaissance coïncide avec une diminution de l'engagement de l'Etat. La question fondamentale pour les politiques est de se demander: «Est-il juste de n'accorder que ces moyens aux Eglises, alors qu'elles sont pourvoyeuses et gardiennes de nos valeurs?» Il est vrai que les prestations des Eglises sont difficiles à évaluer en termes de bénéfice pour la société. C'est là leur malheur dans un système qui valorise la justification à tout crin.

Quels sont les enjeux principaux pour l'Eglise de demain?
Nous devons investir dans la communication pour dire l'Evangile. Nous avons un message: le salut, par la grâce, offert à tous, dans toutes les situations de la vie. Nous n'avons que cela à «vendre» mais c'est l'essentiel! Nous devons nous interdire d'être exclusifs et sectaires, d'ailleurs nos principes constitutifs rappellent que le jugement appartient à Dieu seul, mais n'ayons pas honte de croire et de le dire! Je suis persuadé que nous serions plus crédibles si nous étions plus profilés. La mollesse est rédhibitoire. Soyons simplement témoins en paroles et en actes de l'Evangile, par notre présence et notre solidarité.

Quels sont vos souhaits pour l'Eglise?
Investissez! Vous-mêmes et dans des projets. Nous ne gérons pas le déclin de l'Eglise. Nous devons investir dans ce que nous croyons. De manière têtue parfois. Sans nous laisser dérouter lorsque la société voit les choses différemment. Notre «produit», c'est l'Evangile. Nous devons l'annoncer avec pertinence, amour et confiance.

Une recommandation à votre successeur?
De ne pas se cantonner aux finances seulement. Les finances sont un moyen de réaliser des projets. Derrière l'argent, il faudrait plutôt dire devant, il y a des gens et des projets pour réaliser la mission de l'Eglise. Le moteur, c'est les personnes, ce sont elles qui m'ont permis d'avancer ces quatre dernières années dans cette fonction.

  • bn