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Sang neuf chez les réformés à tous les
échelons: vaudois, suisse et mondial. Tour d’horizon
1.
Une voix pour
les protestants suisses
Le Bernois Gottfried Locher, 44 ans, a été élu, le 14 juin, président de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) pour succéder à Thomas Wipf à la fin de l’année. Rencontre
Les Eglises réformées traversent une période difficile marquée par une baisse du nombre de membres. Que faire?
Gottfried Locher: Des éléments sont clairs, comme l’évolution démographique. Les réformés ont actuellement peu d’enfants. Cela signifie que l’Eglise va se modifier. Chaque Eglise, pas seulement réformée, a la possibilité de réagir pour être davantage crédible. C’est peut-être même plus facile en étant plus petite. Cela ne m’inquiète pas. Ce qui me préoccupe est de rester crédible dans l’annonce de l’Evangile, au point que les gens soient encouragés à participer à la vie communautaire.
Que doivent entreprendre les Eglises pour cela?
Les Eglises devraient surtout se demander comment proposer des célébrations qui soient intégrantes. Une bonne prédication reste pour moi indispensable. Cela n’exclut pas qu’il y ait quelque chose pour les yeux. Il existe tant d’éléments que nous pourrions adopter tout en restant réformés. Les réformés ont parfois peur de perdre leur identité lorsqu’ils reprennent quelque chose qui leur paraît catholique.
Comment considérez-vous la situation œcuménique en Suisse?
Elle me chagrine. Nous ne parvenons pas à unir la voix des chrétiens, de façon à ce qu’elle soit perçue comme une seule voix. Mais j’ai maintenant suffisamment travaillé dans le domaine œcuménique pour savoir que cela ne se passe pas par la force. Nous sommes contraints d’accomplir un travail pénible sur énormément de petites questions. Nous devons réfléchir aux fonctions, à la liturgie... Il n’est pas possible de se dire: nous parlons d’abord d’une seule voix, et ensuite nous résolvons les problèmes.
Quelle position doit prendre l’Eglise réformée face à l’islam?
Il faut mener une discussion objective. Notre foi réformée nous conduit au dialogue. Cela nécessite en même temps un point de vue clair. Mettre en place ces deux aspects est difficile, car certains dans l’Eglise se positionnent plutôt pour un dialogue libre, et d’autres pour une délimitation claire. Nous avons besoin des deux. C’est tout un art de les concilier.
Faut-il multiplier les prises de position de la FEPS?
Lorsque l’on se prononce sur tout, on n’est plus entendu. Il faut donc se demander: ce sujet est-il d’une importance telle que nous devons dire quelque chose? Ou d’autres, parmi nos Eglises membres, pourraient-ils en parler? Nous devons nous exprimer dans certains débats politiques, mais il n’est pas nécessaire que les réformés prennent toujours position.
2.
Une voix mondiale
pour les protestants
Plus de 80 millions de protestants vont essayer de tirer à la même corde. Deux branches se sont alliées vendredi 18 juin à Grand Rapids aux USA pour créer la plus grande organisation d'Eglises réformées au plan international.
C’est David qui s’unit à Goliath. La nouvelle structure, appelée Communion mondiale des Eglises réformées (CMER), naît de la fusion des deux plus grandes institutions réformées: l’Alliance réformée mondiale (ARM), 218 Eglises membres, représentant 76 millions de croyants, et le Conseil œcuménique réformé (COR), 39 Eglises membres, représentant 12 millions de protestants.
Les deux organisations qui ont fusionné marquent deux tendances parmi les réformés. La première fait de l’engagement éthique sa priorité. La seconde met l'accent sur le développement spirituel. Si les réformés resserrent les liens, c’est que le contexte international et le dialogue œcuménique se font plus tendus. Catholiques et orthodoxes se rapprochent, en laissant les protestants un peu à l’écart.
Le pasteur sud-africain Jerry Pillay a été élu premier président de la CMER. Son élection renforce la présence africaine au sein de la nouvelle organisation. Secrétaire général de l’Eglise presbytérienne unie d’Afrique du Sud et membre du comité central du puissant Conseil sud-africain des Eglises,
Jerry Pillay a le profil type pour s’imposer dans une organisation internationale qui fait de l’échange interculturel une valeur cardinale. Donnera-t-il la priorité à l’engagement social ou au renforcement confessionnel? «Les deux vont ensemble, a-t-il estimé, mais le point de départ doit toujours être la Bible.» Au-delà du gage ainsi donné aux conservateurs, la volonté affichée de Jerry Pillay est de donner une nouvelle impulsion au mouvement réformé, y compris au dialogue interreligieux.
3.
Dans le canton de Vaud
Pierre-André Glauser, 59 ans, de Corsier-sur-Vevey a été élu membre laïc du Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), le 11 juin à Chardonne. Il succède à Max Blaser, démissionnaire. Le nouveau trésorier a affirmé vouloir aider l’Eglise vaudoise à «se donner les moyens de rajeunir et d’augmenter les effectifs de ses membres actifs, à assurer sa bonne visibilité et à trouver des pistes pour améliorer ses finances». Enseignant à la retraite, Pierre-André Glauser a été conseiller pédagogique cantonal, conseiller municipal et conseiller paroissial.
Le Conseil synodal, composé de sept membres – trois ministres et quatre laïcs – est l’organe exécutif de l’EERV.
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