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Bible ouverte
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Jésus, l’enfant retrouvé |
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| 25-08-2010 | |||
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Les universités romandes lancent un programme de recherche sur les évangiles de l’enfance
L’enfant des apocryphesLes écrits apocryphes sont plus bavards sur l’enfance de Jésus. On le voit modeler de petits oiseaux en terre qui prennent ensuite leur envol, provoquer en le touchant la mort d’un camarade qui l’a bousculé… La vie et l’enfance de Marie sont aussi racontées en détail. «Ces textes nous renseignent sur les communautés qui les ont écrits plus que sur les événements rapportés, avertit le chercheur. Nous en savons ainsi davantage sur la dévotion mariale qui naît au IVe siècle en Syrie et en Palestine ou sur le développement d’une religiosité très populaire, qui a besoin de miracles. Ces textes nous font découvrir un christianisme divers, en rupture avec l’idée d’un christianisme unique et monolithique. C’est pourquoi ces textes intéressent surtout les protestants», sourit l’historien. Il relève toutefois que catholiques et protestants, qui ont fait naguère des évangiles de l’enfance un sujet de controverse, les lisent aujourd’hui de la même manière. Pourquoi donc deux évangiles, Marc et Jean, ne racontent-t-ils même pas la naissance de Jésus? «Ils nous expliquent différemment qui est Jésus, répond le spécialiste. Lorsque vous dites que des anges entourent la naissance, que des rois mages viennent jusqu’à lui, c’est une manière d’expliquer qui est Jésus, de dire que l’enfant est extraordinaire et fabuleux. Marc et Jean s’y prennent autrement. Marc commence par une déclaration: ‹Ici commence la Bonne nouvelle de Jésus-Christ, le Fils de Dieu.› Jean, lui, démarre avec un prologue théologico-poétique qui dit en substance que Jésus vient de Dieu – cela équivaut à une généalogie – et que les hommes ne l’ont pas accueilli – qui correspond au massacre des innocents. C’est une manière différente de dire les mêmes choses.» «Il ne faut pas avoir peur de l’apparence non historique de ces récits, conclut Régis Burnet. Les écrivains sacrés n’étaient pas idiots. Ils faisaient la distinction entre ce qui est rationnel et ce qui ne l’est pas. Ils voulaient faire passer un message qu’il est important de retrouver.»
En savoir plus
Le massacre des enfants et la fuite en Egypte sont parmi les rares événements de l’enfance de Jésus à être rapportés dans la Bible. Régis Burnet doute de leur caractère historique: «Il faut lire l’épisode de manière symbolique. Nous lisons dans le massacre des innocents un décalque du massacre de la sortie d’Egypte de l’Ancien Testament. La fuite en Egypte qui suit est l’inversion de l’exode. L’évangéliste a créé cet épisode comme une anti-histoire de l’exode. Autrefois, les israélites ont quitté la terre de servitude pour aller vers la terre promise. Jésus, lui, quitte la terre promise pour aller vers une terre d’esclavage, dont il ressortira.» Autre récit, celui du petit Jésus à 12 ans, que ses parents ont perdu et qu’ils retrouvent en discussion avec des sages dans le temple de Jérusalem. «L’épisode est peu vraisemblable mais pas impossible, relève l’historien. A 12 ans, l’enfant entre dans une sorte de majorité religieuse. Il a la possibilité de s’entretenir avec des sages. C’est un micro événement sur lequel l’histoire ne peut rien savoir. Il nous montre que le petit Jésus, dès 12 ans, manifeste les mêmes dispositions que le Jésus de 30 ans. L’idée là-derrière est de montrer qu’il sait déjà tout et qu’il n’a pas besoin de l’enseignement des docteurs, puisqu’il est lui-même le docteur.»
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