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Figure marquante du jazz manouche,
le pasteur May Bittel animera la Célébration nomade
de l’Eglise réformée à Vevey, le 3 octobre
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May Bittel, un air de famille
avec Django Reinhardt.
Eric Roset
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Vous êtes pasteur manouche. Les gens du voyage sont protestants?
May Bittel: Les gens du voyage sont en majorité catholiques et peu pratiquants. Depuis 1948, il y a eu un réveil dans ce peuple dont deux millions de personnes sont aujourd’hui chrétiennes évangéliques. Comme nous sommes douze ou treize millions dans le monde, il reste de l’évangélisation à faire.
Gitans, Roms, Manouches, ces appellations recouvrent-elles des différences religieuses?
Non, pas religieuses. Quand Christophe Colomb a découvert l’Amérique, il pensait arriver en Inde et il a appelé «Indiens» les habitants. En fait il s’agissait de tribus, qui chacune avaient un nom. De même, on nous a collé le nom de tsiganes, mais il existe plusieurs groupes avec chacun son nom: Rom, Sinti ou Manouche, Cale ou Gitan, Yéniche… Chacun parle une langue différente, a sa propre culture et ses lois internes.
Avez-vous une manière différente de prêcher?
Non, je ne prêche pas différemment d’un autre pasteur. La Bible reste la même. Il n’y a pas de Bible spécifique pour nous. La parole de Dieu reste la parole de Dieu. Cette parole interpelle l’homme, elle montre l’amour que Dieu lui porte.
Vous êtes aussi musicien…
J’ai joué sur de grandes scènes de jazz, à Montreux, Cully et ailleurs, mais je n’en ai pas fait mon métier. Je désire consacrer cette musique à Dieu. Je joue dans les rencontres que nous organisons. C’est une occasion de faire écouter cette musique à la manière de Django Reinhardt, dont nous fêtons le 100e anniversaire de la naissance. Je suis de sa famille. Ma grand-mère était sa cousine. J’ai été bercé depuis mon jeune âge par cette musique. Et je n’ai pas eu d’autre professeur de guitare que les 78 tours de Django. Cela explique ma manière de jouer très proche de la sienne.
Quel est l’apport principal de votre communauté à un pays comme la Suisse?
Nous avons beaucoup à apporter à la population suisse. Ce qui importe est que cette population prenne conscience que nous sommes un peuple, pas seulement une musique et du folklore. La Suisse nous reconnaît une langue, mais pas notre mode de vie. Il y a un manque accru d’emplacements pour nos caravanes et nos chapiteaux. Je lance un appel à des propriétaires qui voudraient mettre un bout de terrain à disposition pour un temps limité.
Les gens du voyage font souvent parler d’eux dans les journaux: surtout pour la mendicité dans les villes, des déprédations... Pourquoi de tels problèmes?
La mendicité s’explique aisément. Les Roms qui viennent en Suisse de Roumanie pour demander l’asile ou pour travailler n’y parviennent pas. Alors ils mendient. Ceux qui ont fait des dégâts sont des Roms venus de France. Parmi les Tsiganes qui sont de passage, il y a des gens bien qui savent ce qu’est le propre en ordre. Il y en a aussi qui ne comprennent pas la nécessité de l’hygiène. Résultat, on incrimine un peuple entier, or il ne s’agit que d’un groupe. Nous qui sommes des gens du voyage suisses, nous souffrons de l’amalgame.
Le 3 octobre, ce sera la grande fête à Vevey, organisée par l’Eglise réformée. Etes-vous heureux de pouvoir ainsi montrer un autre visage?
Tout à fait et je m’en réjouis. Je salue de telles initiatives. C’est important de montrer aux gens la différence. Nous sommes tous des gens du voyage sur cette terre, et appelés à la quitter. Avant, nous y sommes des pèlerins. Il est important de faire un bout de voyage ensemble, avec notre musique, nos chants, notre foi. Nous avons beaucoup de choses à partager avec les gens.
Quel sera le thème de votre prédication?
Ce sera le thème de la Samaritaine. Cette femme rejetée allait puiser de l’eau en plein midi. Elle a rencontré Jésus et cela a transformé sa vie. C’est un peu notre vie. Nous aussi, nous étions rejetés et cette rencontre nous a donné une vie nouvelle. Jésus a transformé sa vie comme il a changé la nôtre.
En fête
- Une fête: Célébration nomade organisée par l’Eglise réformée, dimanche 3 octobre, Vevey, terrasse et temple Saint-Martin. Dès 16h, goûter-souper sur la terrasse. 17h15 Jazz manouche avec May Bittel. 18h au temple, célébration «pour toutes les soifs». 20h Final musical. Une fête et une célébration où chacun trouve sa place, quels que soient sa foi, ses doutes.
- Un site internet:
www.celebrationnomade.ch
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