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Des pasteurs vaudois, passionnés de foot, commentent les matches de la Suisse en Afrique du Sud.
1.
Suisse-Espagne: 1-0,
ça tient du miracle!
Pierre-Yves Paquier, pasteur*
Un but suisse magnifique de volonté, d'abnégation et d'opportunisme a fait chavirer notre petit pays. C'était contre l'invincible Armada espagnole au début du Mondial, et rarement sans doute avant et pendant un reportage sportif on a autant parlé de... «miracle». Si les Suisses battaient l'Espagne, cela tiendrait du miracle! Notre défense résiste miraculeusement. Le gardien helvétique effectue des arrêts prodigieux. Enfin la délivrance, avec le coup de sifflet de l'arbitre: le buteur inspiré, bras levés, remercie le Ciel... Oui, le miracle a eu lieu! Les rues aussitôt se remplissent d'une population bigarrée qui chante, klaxonne, agite des drapeaux, s'embrasse et trinque. Une joie qui fait du bien.
C'est l'épisode de David contre Goliath qui m'est naturellement revenu en mémoire, le petit terrassant celui qu'on croyait imbattable. Avec foi et courage. La Bible est pleine de ces renversements, où celui qu'on n'aurait pas pensé s'impose, où le petit qui compte sur la force de Dieu tire son épingle du jeu, où le Seigneur résiste aux orgueilleux mais relance les humbles. La foi aide parfois le miracle à advenir, mais pas toujours. N'empêche que, lorsqu'on y croit vraiment, l'impossible peut arriver; mais pas toujours.
La superbe image du buteur suisse remerciant Dieu ou la Providence à la fin du match reste pour moi un joli signe. Au milieu de bien des défaites et de jours gris, savoir dire merci pour les beaux gestes, les petites victoires, pour la santé et pour la Vie tout simplement, ça tient parfois du miracle!
* Auteur d'une brochure sur le foot et la foi, «Buts, Stars et Messie», offerte contre envoi d'un timbre A à Pierre-Yves Paquier, Pl. du temple 4, 1804 Corsier
2.
Chili-Suisse: 1-0,
une défaite et deux enseignements
Etienne Roulet, pasteur
Tout ou presque a déjà été dit sur ce match, en particulier sur la prestation de l’arbitre! Pour ma part, et au risque de redire ce que les journalistes ont souligné, je mettrai en évidence deux points:
1. Le Chili a mieux joué que la Suisse et, tant dans le volume de jeu en attaque qu’au nombre des occasions, a mérité sa victoire, soyons juste! La tactique du hérisson, ou du «réduit national», a ses vertus, mais aussi ses risques, et il fallait bien qu’un accroc arrive un jour. Cela dit, un résultat en football tient à peu de choses: si le centre avant chilien qui a amené le but, et qui était clairement hors-jeu, avait été sanctionné, et si Derdiyok avait marqué à la 90e, c’est la Suisse qui aurait gagné 1-0! Mais la morale sportive aurait-elle été respectée?
2. Là où elle n’a en tous les cas pas été respectée, c’est dans les décisions de l’arbitre. Ce brave Monsieur avait certainement une grande envie de bien faire et de se montrer sévère, ce qui n’est pas mal en soi. Mais il s’est fait totalement et continuellement abuser par les Chiliens qui ont vite compris qu’il suffisait, au moindre contact, de s’écrouler pour qu’il siffle, coupant ainsi l’élan des Suisses et redonnant donc trop souvent le ballon à leur adversaire. Ces attitudes manipulatrices sont le vrai scandale du match et un arbitre expérimenté ne se serait jamais laissé abuser ainsi. Au moins reconnaissons aux Suisses le mérite de n’avoir jamais utilisé ce genre de subterfuges!
3.
Honduras-Suisse: 0-0,
un nul et nous sommes éliminés
Vincent Guyaz, pasteur
Au moment où la Suisse rentre chez elle éliminée, je me pose d’abord la question de la confiance. Au fil du match, le spectateur que je suis voit sa confiance diminuer. Le temps passe, les mauvaises passes s’accumulent, le score de Chili – Espagne nous parvient, on se dit que notre équipe va mal finir! C’est pareil avec notre capacité à croire et à espérer. Au fil du temps qui passe, des coups du sort qui parfois s’acharnent, à mesure que les épreuves s’accumulent dans nos existences, il nous est parfois difficile de croire et de faire confiance.
Au terme de ce match, j’aimerais que ma foi et mon espérance ne soient pas seulement soumis aux événements que je traverse. J’aimerais au contraire que mon espérance trouve sa raison d’être dans des réalités plus profondes. Peut-être dans l’histoire de Celui qui a porté toutes les défaites.
Mais il y a aussi un élément qui m’a beaucoup plu: les choix de l’entraîneur Hitzfeld et sa manière de décider qui devait jouer. Dans la presse ou sur notre canapé, le jugement est facile. Nkufo ou Frei, Yakin plus vite ou au contraire à éviter à cause de son âge… Régulièrement, sans être autiste, Hitzfeld a su mettre en avant son jugement personnel tout en entendant les commentaires ambiants. Une belle leçon pour notre manière de décider, de nous engager. Parce que nous sommes tout le temps comme Hitzfeld, confrontés à des choix. Alors, en prenant le pouls de ce qui se dit autour de nous, mais sans nous y soumettre aveuglément, nous pouvons assumer nos certitudes intérieures.
Nous sommes déçus, mais je garde en mémoire cette question de ma capacité à garder confiance, ainsi que ce bel exemple de choisir ce qui est juste
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