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La chasse au stress Version imprimable Suggérer par mail
27-05-2010

Pourquoi sommes-nous stressés? Parce que le travail prend trop de place dans la vie. Recommandations d'expert

koorosh Koorosh Massoudi, comment lutter contre les ravages du stress


La pression qui augmente sur le lieu de travail. Les collègues qui se crispent ou exaspèrent. Les tâches s'accumulent, les délais sont plus courts. C'est le stress, tout le monde connaît. Mais d'où vient-il au juste? Auteur du livre «Le stress professionnel»*, Koorosh Massoudi est bien placé pour répondre. Selon ce maître assistant à l'Université de Lausanne, le travail n'est pas le principal responsable du stress: «Le travail permet de faire partie d'un groupe, il offre la possibilité de donner un sens à sa vie. Grâce à notre travail nous sommes utiles à la société. En plus de notre salaire, nous en recevons une gratification indispensable.» Alors pourquoi devient-il facteur de stress?

Le problème tient à ce que, dans nos sociétés, le travail a tendance à prendre trop de place et à remplacer tous les autres canaux de valorisation. Le bon voisinage, la vie paroissiale ou associative, l'action bénévole autant de façons de vivre qui perdent de leur popularité. «Le travail devient alors le seul moyen d'être valorisé par des pairs, remarque le chercheur. C'est la cause des ravages du stress au travail.» Un phénomène qui est encore plus marqué dans les pays où le taux de chômage est bas, comme en Suisse.

Pourtant, les premières manifestations de stress sont tout à fait naturelles. Dans une situation ordinaire, l'être vivant qui se sent menacé dans son bien-être va réagir. Soit en attaquant, pour chasser l'intrus, soit en fuyant, pour éloigner la menace. Pas au travail. «La situation de travail fait que les gens s'accrochent, supportent, ils vont très loin dans la mise en danger de leur santé, explique le spécialiste du stress. D'un côté, ils n'osent pas se mettre à l'abri par crainte de perdre leur travail. De l'autre côté, ils sont dans un environnement imposé, sur lequel ils ont peu de prise. Les décisions sur l'organisation de l'entreprise ou sur la crise financière se prennent à un autre étage. L'individu n'a guère de réponses efficaces à disposition.»

Résultat, vous vous trouvez confronté à des contraintes que vous ne pouvez ni éviter ni modifier. Vous êtes coincé. Autrement dit, vous subissez l'épreuve physique et mentale du stress. A haute dose, cela gâte la santé.

Des changements dans la société ces dernières décennies accroissent le problème. Le côté abstrait de l'activité professionnelle dans les services n'offre plus le retour immédiat de la production matérielle. L'introduction des technologies de l'information oblige à travailler plus vite, et nous rend toujours disponibles. Dans des sociétés où l'individu passe complètement derrière le groupe, le stress peut tuer. Le japonais a un mot pour désigner la mort subite au travail, par épuisement, sans aucun autre facteur de risque.

Sans en arriver là, le stress est impliqué dans des maladies cardio-vasculaires, des maux de tête et toutes sortes de troubles psychologiques, dépressions, anxiété et le fameux burn-out. Cet épuisement émotionnel, lié à «une surimplication qui fait que vous êtes attaché à ce qui vous fait souffrir», a d'abord été observé dans les professions impliquées dans la relation d'aide. Une partie si importante de notre vie et de notre identité est consacrée aujourd'hui au travail que le mal touche d'autres professions.
Le spécialiste du stress, heureusement, connaît aussi des remèdes.

«Il faut prendre la question au sérieux, assure-t-il. Le soutien social est une réponse efficace. Pouvoir se confier à son conjoint, à son médecin, chercher de l'aide.» Des entreprises l'ont compris, qui se détournent de la compétition individuelle au profit du travail d'équipe, où les gens se serrent les coudes. La compétition est naturelle, d'accord. Mais cela ne doit pas être le seul choix. Il existe d'autres types de relations entre les gens. «Prenez un peu de distance par rapport à votre activité, créez des sources de plaisir et des espaces de réalisation en dehors du travail», recommande M. Antistress.

  • V.Vt

* Koorosh Massoudi, «Le stress professionnel», Ed. Peter Lang, 40 fr. 

Le stress des pasteurs

Dans son étude, Koorosh Massoudi a analysé de près le stress des pasteurs de l'Eglise protestante vaudoise. Les pasteurs font face à plusieurs facteurs de risque: les coupes budgétaires, l'introduction des méthodes de la gestion privée… Le fait aussi qu'ils travaillent avec la spiritualité, le sentiment religieux et les aspects fondamentaux de la vie dans une société rationnelle et qui se laïcise. Comme tous les métiers à vocation, le risque de burn-out est plus élevé. Le sentiment religieux peut être autant source de réconfort et d'espoir que d'angoisse, remarque le psychologue. Iranien d'origine, il se dit touché que l'Eglise protestante lui ait ainsi ouvert ses portes.

  • bn

 Travailleurs recherchés pour étude sur le stress

Une équipe de chercheurs de l'Institut de psychologie de l'Université de Lausanne conduit en ce moment une recherche en collaboration avec le département de gestion des ressources humaines de l'Université de Johannesburg en Afrique du Sud. Cette recherche, qui est soutenue par le fonds national de la recherche scientifique de la Confédération, vise à étudier de manière approfondie l'influence de la culture sur notre façon de gérer le stress au travail et l'importance du soutien social comme facteur de protection face au stress.

Dans le cadre de cette étude, l'équipe cherche la participation et l'opinion de personnes répondants aux conditions suivantes:

  •  Avoir plus de 18 ans
  • Avoir une bonne connaissance du français
  • Occuper un emploi depuis au moins 1 an (entre 80% à 100%)

Contact: Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Il sera demandé de compléter un questionnaire. Les réponses seront traitées de manière strictement confidentielle et anonyme et les participants obtiendront un billet de cinéma en échange de leur collaboration.