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Evangéliser les personnes handicapées mentales, c'est la tâche
de Nicole Pittet, diacre à L'Espérance
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Nicole Pittet dans la chapelle de L'Espérance. |
« Alors Nicole, tu seras là ce soir?» «Ce soir, je viendrai, toi aussi Nicole?» A la cafétéria de l'institution, avant le repas de midi, plusieurs pensionnaires apostrophent Nicole. Aujourd'hui, c'est mardi, le jour du recueillement hebdomadaire. L'institution, c'est L'Espérance, avec ses 280 résidents, âgés de 4 à 90 ans et souffrant de handicap mental. Nicole, 64 ans, est la diacre du lieu. Elle travaille depuis onze ans à Etoy et va prendre sa retraite cet été. Non sans regrets. «J'ai vécu ici des années de bonheur, raconte-t-elle. J'ai été si bien accueillie par ces personnes dont j'ai pu apprécier l'authenticité.»
Des personnes qu'elle qualifie d'attachées et attachantes. Comment se fait-il que tout le monde lui fasse fête? Nicole ne se reconnaît aucun talent particulier: «Si nous sommes vrais, cela se passe bien.»
Des pensionnaires engagent la conversation, évoquent une peur ou un malheur du passé. Nicole les rassure. Car tout n'est pas facile pour des gens qui doivent suivre un cours pour apprendre à prendre le train, ou pour gérer un porte-monnaie. Quelque 350 collaborateurs, éducateurs, enseignants, maîtres d'ateliers, infirmières… travaillent dans l'institution. Un collègue catholique partage l'aumônerie avec Nicole. «Je rencontre les résidents au moment du repas.
Ils me communiquent ce qui est important, des soucis ou les personnes qui ont besoin de ma visite.»
Partager une peine ou une joie, faire une visite informelle, organiser une rencontre régulière avec certains, le culte deux fois par mois, le programme de la diacre est bien rempli. Ce soir, ce sera le recueillement du mardi soir pour les plus motivés: «Les résidents apportent des sujets de prière. Ils pensent aux autres et se portent dans la prière, explique la diacre. Mais les résidents ne peuvent pas toujours exprimer leur souhait. Certains ne maîtrisent pas le langage ou sont tout à fait dépendants pour leurs déplacements.»
Parler à Dieu
Comment s'y prend-on pour présenter un Dieu qui ne se voit pas à des personnes handicapées mentales? «Le Dieu que nous ne voyons pas est comme une maman qui est à la maison. Nous ne la voyons pas mais nous savons qu'elle est là, répond Nicole. J'essaie de vivre avec eux la relation possible avec un Dieu d'amour.
La base est la Bible. Il y a toujours dans les textes un élément qui peut leur parler. Nous réfléchissons trop. Eux ont reçu une double dose de l'Esprit. Ils comprennent des choses sans toute cette réflexion. Prier, c'est simplement parler à Dieu.»
Nicole Pittet rappelle la première fois où elle a dû leur parler de l'Ascension. Elle était sur le point de renoncer devant la difficulté. «Ce n'est pas du tout trop compliqué, a alors dit un résident. Lorsque Jésus était avec ses amis, ils le voyaient avec leurs yeux. Maintenant, tout le monde peut le voir. Nous pouvons le voir avec les yeux du cœur.»
La diacre reconnaît que les pensionnaires de L'Espérance lui ont beaucoup appris. En particulier à trouver dans le texte biblique, sans chercher de complications, ce qu'il dit de Dieu et de Jésus. Dans les relations humaines aussi, les résidents ont été de bons maîtres: «Ils nous apprennent à ne pas regarder les autres dans un esprit de compétition. J'ai vraiment apprécié de pouvoir être vraie, sans me construire un personnage.»
Avant de partir à la retraite, Nicole nous encourage: «Chacun peut avoir peur face au handicap. Si une personne n'a pas le langage, qu'elle crie et a des gestes incontrôlés, cela peut effrayer. Venez les rencontrer, n'ayez pas peur, nous avons quelque chose à recevoir de ces personnes.»
En faire plus
- Dimanche 5 septembre, L'Espérance, Etoy. Fête de L'Espérance, avec une célébration œcuménique à 10h30, des animations et vente des productions des ateliers. Programme bientôt sur www.esperance.ch
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