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Protestants et...
Le vrai point à résoudre entre protestants et catholiques Version imprimable Suggérer par mail
14-01-2008

La Semaine de l'unité des chrétiens, du 18 au 25 janvier, a 100 ans. Le professeur Shafique Keshavjee propose des pistes originales

prot_cath2 La sainte cène au cœur du problème. Ici, le Christ-Eucharistie à l'église de Grandson.


Photo : Rémy Gindroz (série Crêt-Bérard 2007) 


Protestants et catholiques vont se serrer dans les bras tels des frères, durant la Semaine de l'unité. Pourtant des points de friction demeurent. Parmi les plus visibles, l'eucharistie. Car si les communautés vont s'accueillir mutuellement au culte et à la messe, il n'y aura pas de partage officiel du repas du Seigneur.

«En situation extrême, le Vatican permet d'offrir l'eucharistie à un non-catholique, mais il n'autorise jamais un catholique à prendre la sainte cène protestante», explique Shafique Keshavjee, professeur de théologie œcuménique à l'Université de Genève. Où est le problème? Pas là où on croit, répond le théologien.

Certes, il y a une différence sur la présence du Christ dans le pain et le vin - est-elle réelle ou symbolique? Mais le blocage n'est pas là. «Les catholiques ne disent pas que la matière pain devient le corps du Christ, mais plutôt que sa substance profonde le devient. Et du côté protestant, beaucoup disent que le Christ se donne vraiment là, ce n'est pas seulement symbolique.»

Le nœud du problème

«Le vrai point à résoudre, c'est qui préside l'eucharistie, affirme le professeur. S'il y avait reconnaissance des ministres des deux Eglises, l'intercommunion serait possible.»

Explications. Les catholiques, comme les orthodoxes, exigent la succession apostolique pour qu'il y ait Eglise. Ils entendent par là la transmission d'évêque en évêque, depuis les apôtres, pour assurer la fidélité à la tradition. Les protestants de leur côté optent, non pour une transmission de type institutionnel, mais pour la fidélité à l'enseignement des apôtres.

Il y a un point d'accord, révèle le professeur: «Les deux confessions admettent que la fonction épiscopale - le rôle d'évêque - existe. Chez les protestants, elle est d'abord collégiale: c'est le Conseil synodal, ou localement le Conseil de paroisse. Chez les catholiques, la fonction revient d'abord à un individu, avant d'être collégiale: des personnes ont autorité, instituée par le Christ.»

Dès lors, la question «la plus difficile et la plus passionnante» aux yeux du théologien est de savoir comment protestants et catholiques peuvent reconnaître mutuellement pasteurs et évêques. Il propose deux pistes originales.