Avril 2011
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Culture
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Un protestant Prix Nobel choisi par le pape |
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| 30-03-2011 | |||
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Un protestant suisse, Werner Arber, nommé à la tête de l’Académie pontificale des sciences
Et pourtant, l’homme a l’envergure nécessaire. Morale, d’abord: le pape exige des postulants un mode de vie et une éthique personnelle irréprochables. Intellectuelle, ensuite – car ce Bâlois d’origine peut se targuer d’un parcours scientifique exceptionnel. Trente ans déjà que le chercheur, qui a soufflé sa 81e bougie, est membre de l’Académie. Il peut également se targuer, et ce n’est pas un détail, d’avoir obtenu le Prix Nobel de médecine en 1978 pour avoir découvert, avec deux collègues, un mécanisme de défense des bactéries face aux agents infectieux. Dans l’institution pontificale, ce brillant chercheur ne doit pas s’ennuyer: trente de ses huitante collègues sont Prix Nobel comme lui. Au cours des innombrables débats qui ont jalonné ces trois décennies, dont quinze passées à présider le conseil de l’Académie, le protestant a appris à composer avec les sensibilités du Vatican. «Le pape est très ouvert à la discussion mais ne manifeste pas le même intérêt pour tout», souffle-t-il. Ce qui intéresse le plus le Saint-Siège? Sans surprise, l’étude de la vie sous toutes ses formes, et la cosmologie. Les responsabilités de l’Académie sont lourdes: le pape s’appuie sur ses avis pour se positionner sur un sujet scientifique ou l’autre, devant des millions de fidèles. «Un jour, on nous a demandé s’il est possible de déterminer le moment exact de la mort. La question a l’air facile mais en réalité, nous n’avons pu répondre de manière irréfutable. Est-ce quand le cœur ne bat plus? Quand le cerveau ne fonctionne plus? Nous avons dû dire au pape qu’il n’existait aucun consensus entre nous à ce sujet», souligne-t-il. Au Vatican, en matière de sciences, l’ouverture semble être de mise, et quand on lui demande pourquoi, Werner Arber sourit. «L’Eglise catholique a condamné Galilée, qui affirmait que la Terre n'était pas le centre de l'univers. Lorsqu’elle a réalisé bien des années plus tard l’énormité de son erreur, elle a adopté une stratégie plus conciliante avec les scientifiques.» A première vue, tout le contraire des créationnistes extrémistes dont le Prix Nobel a horreur. «On ne peut pas parler avec ces gens-là. La seule chose qui empêche la science et la foi en Dieu d’être pleinement réconciliées, c’est l’obscurantisme.» Parions que Werner Arber ne le laissera jamais s’installer au Vatican.
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