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Des députés égyptiens veulent supprimer la mention de la religion sur la carte d'identité

L'obligation faite en Egypte de la mention de la religion sur la carte d'identité fait débat. Le projet de loi visant la suppression de cette indication divise les députés. Pour ses protagonistes, cette proposition vise à valoriser la citoyenneté et à éviter une potentielle discrimination religieuse. Mais tous ne sont pas de cet avis. D’autres députés, en revanche, craignent qu’une telle procédure ne ravive les tensions sectaires et que son application ne se heurte à des difficultés relatives au statut personnel et à la culture sociale en vigueur dans le pays, note le site égyptien en ligne «Al-Ahram Hebdo».

L'islam reste la religion de l'Etat

L’article 2 de la Constitution égyptienne de 2014 affirme toujours que l'islam est la religion de l'Etat. «Les principes de la charia islamique sont la source principale de la législation», tandis que l'article 53 de cette même Constitution affirme que «tous les citoyens sont égaux devant la loi». Les Egyptiens sont égaux en droits, libertés et obligations générales, «sans discrimination fondée sur la religion, la croyance, le sexe, l'origine, la race, la couleur, la langue, le handicap, la classe sociale, l'appartenance politique ou géographique ou pour tout autre motif».

Selon l’organisation de défense des droits humains «Human Rights Watch» (HRW), basée à New York, la mention de la religion sur la carte d’identité est pourtant discriminatoire, tant pour les convertis au christianisme que pour les fidèles de minorités religieuses. Dès l’âge de 16 ans, obligation est faite à tout Egyptien d’avoir une carte d’identité mentionnant sa religion. Un document incontournable pour obtenir un emploi, un permis de conduire, pour ouvrir un compte en banque ou encore inscrire un enfant à l’école. Aucun document ne peut être obtenu en son absence.

La Constitution est censée garantir l’égalité de tous les citoyens

Le nouveau projet de loi élaboré par un groupe de députés, composée de 18 articles, définit la citoyenneté, annule la case de l’identité religieuse de la carte d’identité et incrimine la création de groupes ou d’entités incitant à la violence.

Les initiants veulent interdire qu’on demande à un citoyen sa religion, sauf en cas de nécessité absolue, notamment pour les procédures relatives au statut personnel (mariage ou héritage), qui dépendent de règlements propres à chaque confession religieuse.

En principe, en Egypte, la Constitution garantit l’égalité de tous les citoyens, et la fin de l'inscription de la religion sur la carte d'identité permettrait de lutter contre le fanatisme et le sectarisme prônés par les extrémistes musulmans, notamment salafistes et wahhabites. Des députés, comme Ahmad Al-Chérif, membre de la commission des lois au Parlement, estiment que cette loi vise à «anéantir l’identité religieuse», alors que la religion «fait partie intégrante des lois régissant la vie du citoyen», notamment en matière de mariage, de divorce ou d’héritage.

Opposition des salafistes et d'Al-Azhar

Les partisans de la loi rétorquent que pour les procédures officielles, comme le mariage et l’héritage, on peut se servir des certificats de naissance qui prouvent la religion de la personne.

Le Comité de la délivrance des fatwas d'Al-Azhar estime que l'abolition de la case religion sur la carte d'identité conduirait en outre à de la confusion dans les relations qu'entretient l'Egypte avec des pays comme l'Arabie saoudite, où certains lieux, comme la Mecque, ne sont accessibles qu'aux musulmans. D'où l'insistance à maintenir cette mention sur la carte d'identité, comme le veulent également les salafistes du parti islamiste «El Nour».  - cath.ch-apic/alahram/com/be

 

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