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La liberté de conscience mérite d'être défendue

L’Eglise adventiste a organisé une journée de réflexion sur la liberté religieuse. Ce droit est plus fragile qu’il n’y paraît.

«Pour nous, la liberté religieuse, c’est la mère de toutes les libertés», explique Giampiero Vassallo du département «Liberté religieuse» de la fédération des Eglises adventistes de la Suisse romande et du Tessin. Il a participé à l’organisation, au début du mois, de la première journée en Suisse romande sur ce thème. «Même pour l’Eglise, en Europe, la liberté religieuse est mal comprise», complète John Graz, ancien secrétaire de l’association internationale de la Liberté religieuse. «La crainte est que ce soit la porte ouverte au prosélytisme.»

«Dès l’instant où l’on respecte les convictions des autres, pourquoi multiplier les règlements?», s’inquiète John Graz, pour qui les divers règlements sur les symboles religieux sont des atteintes à la liberté d’expression. Engagé pour cette cause depuis des dizaines d’années, il constate qu’alors même que personne ne dit vouloir combattre la liberté religieuse, les expressions de foi ou de l’absence de croyance sont malgré tout de plus en plus réprimées. Dans les pays occidentaux, où la sécularisation amène la méfiance à l’encontre de toute expression religieuse, comme dans les autres régions du monde, où ce sont souvent par conviction que des minorités sont persécutées.

«Les Eglises adventistes sont probablement les seules à disposer d’un véritable département de la liberté religieuse», souligne John Graz. «C’est une longue tradition dans notre communauté de promouvoir la religion comme une liberté fondamentale», explique-t-il.«C’est aussi en accord avec notre conviction théologique que Dieu nous a créés libres et qu’il faut respecter cela!» Le spécialiste rappelle en outre que «Jésus n’a jamais forcé personne à le suivre!» Il reconnaît toutefois: «j’espère que si un jour notre Eglise devenait majoritaire, elle resterait fidèle à ces principes!»

Divers évènements sont prévus dans les mois à venir pour inciter à débattre de cette question. «J’aimerais organiser des repas où représentant des communautés religieuses, des médias, des ONG et du monde politique pourraient se rencontrer pour discuter de cette thématique», dévoile Giampiero Vassallo.

Une journée comme celle qui a eu lieu le 8 octobre devrait à nouveau avoir lieu. Lors de cette première rencontre, plusieurs conférences et débats ont suscité la réflexion, dont une intervention de Jean-François Mayer, directeur de l’institut «Religioscope» qui a présenté ses réflexions sur les facteurs du changement dans la perspective du pluralisme religieux en Suisse. - Joël Burri, Protestinfo

 

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