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Le Prix Farel plébiscite le balayeur à la rose

Le Prix Farel, festival du film à thématique religieuse, a récompensé «Le balayeur à la rose» de Nicole Weyer, ce dimanche 23 octobre à Neuchâtel.

 «Balayer et penser, ça peut être la même chose», souffle le cantonnier fribourgeois Michel Simonet dans le documentaire «Le balayeur à la rose». Lauréat du Prix Farel 2016, festival international de films à thématique religieuse situé à Neuchâtel, ce moyen-métrage a obtenu le prix du jury pour sa catégorie, jury qui a été séduit par «la délicatesse de ce portrait d’un balayeur poète qui rappelle avec grâce que pour vivre une vie ‘riche’ point n’est besoin de grand-chose, si ce n’est parfois d’un balai, d’une pelle et d’une rose». Cette appréciation n’a pas été démentie par une assistance enthousiaste, qui lui a aussi décerné le prix du public. «Le fait que Michel Simonet ait vraiment choisi de faire une profession totalement dévalorisée m’a donné envie d’en faire un film. Je trouve cela admirable», explique Nicole Weyer, qui a réalisé ce reportage dans le cadre de l’émission «Passe-moi les jumelles» de la RTS.

«J’ai d’abord fait des études d’employé de commerce, puis une école de théologie qui m’a donné envie de travailler dans la rue, à l’extérieur, où la foi pouvait transparaître», explique Michel Simonet qui se dit attiré par le «christianisme premier où les personnes avaient peu d’argent et une vie simple». Âgé de 56 ans et revêtu d’habits orange, il arpente les rues de Fribourg depuis 30 ans avec son chariot à déchets orné de sa légendaire rose. «Je l’ai mise assez rapidement. Je voulais opposer la saleté dans mon char à la pureté, la laideur à la beauté. Cela peut être aussi un reflet de l’homme qui est capable du meilleur comme du pire». Père de sept enfants et passionné de littérature, Michel Simonet a publié «Une rose et un balai» en juin 2015. Ce livre, dans lequel il raconte son quotidien de balayeur, a été vendu à plus de 16'000 exemplaires et sortira en traduction allemande au mois de novembre.
 

L’art du chant liturgique arménien
Le prix du jury pour la catégorie long-métrage a été décerné au film belge «Chœurs en exil», réalisé par Turi Finocchiaro et Nathalie Rossetti. Ce documentaire suit un couple arménien de la diaspora qui cherche à transmettre l’art du chant liturgique arménien, quasiment anéanti après le génocide de 1915; dans cette perspective, ils collaborent à une performance théâtrale avec une troupe de Varsovie. «Le chant arménien est un chant qui relie, il relie le haut et le bas, et aussi les êtres humains entre eux. Pour cette raison,recevoir un prix religieux pour ce film est un beau symbole!», réagit Nathalie Rossetti. « Cette musique représente tout le contraire d’ungénocide. Elle est paix et sérénité. Si peu commune et si profonde, elle fait redécouvrir l’histoire à qui l’écoute.» A ses côtés, TuriFinocchiaro ajoute: «La troupe polonaise fait preuve d’une grande sensibilité dans sa représentation du génocide. C’est cette rencontre qui a permis de faire du film ce qu’il est.»

Pour la catégorie court-métrage, le jury présidé par la cinéaste et écrivaine Dominique de Rivaz a primé «Djinns, les esprits de Patras» du réalisateur français Jean-Jacques Cunnac. En outre, le long-métrage «Une blessure française» de Valérie Manns a obtenu une mention. Chacun des lauréats (long, moyen, court-métrage et fiction) a remporté la somme de 3000 francs.

Créé en 1967, le Prix Farel a lieu tous les deux ans. Portée entre autres par Médias-Pro (le département médias des Eglises réformées de Suisse romande), par le Centre catholique de radio et télévision de Suisse romande (CCRT), par la ville de Neuchâtel et par la RTS, cette manifestation est gratuite et ouverte au public. Pour l’édition 2016, 34 films ont été sélectionnés parmi 80 réalisations. Ces productions ont été diffusés en présence de certains de leurs réalisateurs du 21 au 23 octobre, au cinéma Bio, à Neuchâtel. - Noriane Rapin et Laurence Villaz, Protestinfo

Une catégorie «fiction»
Cette année, et pour la première fois, le Prix Farel a décerné un prix dans la catégorie fiction. Le lauréat est un film québécois, «La divine stratégie» de Martin Forget. Narrant l’histoire d’un prêtre qui, fatigué de son église vide, demande de l’aide à un inquiétant consultant en image. Ce moyen-métrage consiste en une critique sociale ironique et paradoxale. Il prédit que les techniques de marketing risquent d’être considérées comme la solution miracle à la désertion des bancs d’églises. Il prédit aussi que cela pourrait bien contribuer à affaiblir le sentiment religieux.

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