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Les témoins restent sur le banc

Godong Les futurs mariés ne devraient bientôt plus présenter de témoins. Les futurs mariés ne devraient bientôt plus présenter de témoins. -

La Commission des affaires juridiques des Etats a approuvé une motion proposant de supprimer l’obligation pour les fiancés de présenter des témoins. Sans grandes répercussions sur la célébration du mariage protestant, elle pose des questions de fond sur cette institution

Le 30 août dernier, la Commission des affaires juridiques des Etats a jugé obsolète l’obligation de présenter deux témoins pour se marier. Elle examinait une motion visant à simplifier la forme du mariage et à accorder une plus grande liberté aux fiancés. Mais au fait, pourquoi le Code civil exige-t-il des témoins pour se marier ? « Jusqu’en 2000, il y avait une procédure qui prévoyait que tout intéressé pouvait s’opposer à l’union pour divers motifs », précise Suzette Sandoz, juriste et professeur honoraire de la Faculté de droit à Lausanne. « Les témoins constituaient donc une garantie de plus que l’union était valable. Cela dit, l’origine des témoins est sans doute religieuse. » Félix Moser, théologien et professeur honoraire de la Faculté de théologie de Neuchâtel, confirme que « dans l’Eglise catholique, les deux témoins sont appelés à signer le registre. Chez les luthériens, la liturgie de mariage prévoit aussi un moment pour cela. » La volonté actuelle de supprimer les témoins s’appuie sur deux arguments. « D’abord, il y a depuis l’an 2000 une grande simplification de la procédure préparatoire du mariage civil, explique Suzette Sandoz. En outre, les témoins ne sont pas requis pour la conclusion d’un partenariat enregistré.

L’idée est de montrer que ces deux types de couples sont finalement égaux. » Cependant, la présence de témoins à un mariage aurait encore un sens aujourd’hui. « Cette suppression contribue simplement à banaliser le mariage et à en faire un acte de moins en moins public, or l’aspect public est important, réagit la juriste. Le mariage est une institution que l’Etat reconnaît comme base de la société. Cette union a des conséquences importantes en droit. L’aspect public avait notamment le but d’éviter les abus autour du mariage. » Ce dernier point concerne de près les Eglises protestantes et leur conception du mariage. « Dans les faits, toutes les liturgies insistent sur le fait que le mariage a un caractère public, affirme Félix Moser. Cela permet de vérifier la validité d’un mariage, et les témoins représentent ce processus d’authentification. Traditionnellement, le rôle de l’Eglise protestante n’est pas de marier, mais d’offrir une bénédiction à des personnes qui ont consenti à être époux. Ce consentement est fondamental dans le mariage d’amour moderne. » 

// Noriane Rapin,  Protestinfo

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