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Des femmes et l’olivier

Wizo Des Israéliennes multiconfessionnelles expriment la paix à travers leur olivier. Des Israéliennes multiconfessionnelles expriment la paix à travers leur olivier. -

En Israël, la cohabitation est possible. C’est le message que font passer des Israéliennes de toutes confessions à travers des peintures d’olivier, symbole de paix. L’exposition itinérante passe par Lausanne en mars

«J’ai observé la nature et vu un olivier qui avait un tronc. J’ai dessiné deux troncs. Je me suis vue représentant deux cultures, liées mais bien distinctes. Je voyais nettement les blessures sur chacun des deux troncs, les cassures que j’avais dessinées, les branches avortées que j’avais représentées. Je butais sur le conflit et les difficultés. Puis sur l’arbre j’ai ajouté des olives et le lien m’est apparu. » Neta Mozer est israélienne. Elle a peint l’un des trente-cinq oliviers de l’exposition itinérante « Trait d’union, des femmes et l’olivier ». Avec des femmes juives, chrétiennes et musulmanes, elle dessine à l’Atelier de l’olivier à Afula, au nord-est d’Israël. « La peinture est un vecteur d’échanges entre ces femmes », explique Anne Argi, présidente de Wizo Lausanne. Au milieu des pinceaux et des chevalets, ni religion ni politique, elles partagent leur vie quotidienne. Cette bonne entente transparaît sur les toiles. Chaque femme a représenté son olivier, empreint d’histoire personnelle, de respect et de la volonté de cohabiter. Car l’olivier résonne dans ces trois religions monothéistes comme un symbole universel de paix. « Le but de l’exposition est de donner une autre image d’Israël que celle véhiculée dans les médias », ajoute Anne Argi. L’atelier de l’olivier, c’est une idée de la Wizo. Fondée en 1920, l’ONG prend soin du tissu social d’Israël et veut être apolitique et areligieux. Ecoles, crèches, centres communautaires font partie des activités sociales de la Wizo dans le pays qui se met au service des familles, des femmes et de l’enfance. Mais dans Wizo, il y a un « Z », qui peut faire grincer des dents. « Il renvoie au premier sens du sionisme, celui de l’amour et de l’unité. Rappelons que l’organisation a été créée avant l’Etat d’Israël et que nous ne sommes pas responsables de sa dimension politique », précise Anne Argi. Aujourd’hui, l’ONG compte 250 000 membres dans plus de cinquante pays, dont la Suisse. Elle est financée par le Ministère de la culture, les municipalités d’Israël et les dons. Avec les toiles, chaque artiste livre un bout d’elle-même, de sa vie, du sens qu’elle donne à l’olivier, parfois assombri par le conflit qui perdure, mais toujours enraciné dans une volonté de paix. Anne Argi rentre d’Israël. « La cohabitation, je l’ai vue. Sur sept millions d’habitants, Israël compte un million d’Arabes musulmans. Ils sont représentés politiquement. Ils sont israéliens. Mais il suffit d’une poignée de personnes pour mettre à mal cette bonne entente. » 

// Marie Destraz

  • Une exposition « Trait d’union. Des femmes et l’olivier », du 1er au 12 mars, Forum de l’Hôtel de Ville, place de la Palud, Lausanne. Entrée libre.
  • Table ronde « L’olivier : expériences du vivre ensemble », mercredi 2 mars, 20 h, suivi d’un verre de l’amitié à 22 h. Espace Dickens, avenue Charles-Dickens 6, Lausanne.
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