Menu Contenu
Faites un don

Publicité

Les voyages 2012 de bonne nouvelle
E-mail
Vie des gens
Des valeurs pour une prospérité durable Version imprimable Suggérer par mail
22-11-2010
Dominique Biedermann, directeur de la Fondation Ethos, viendra parler des valeurs liées à notre économie. Il fait le point sur la crise
11_biedermann

Dominique Biedermann: «Définir des règles de comportement.»

Photo: Ethos  

 

Le titre de votre conférence est «Salaires, une logique à repenser»*. Des gens gagnent-ils trop d'argent?
Dominique Biedermann: La problématique posée par les salaires, à savoir la rémunération du travail, a souvent été complètement dénaturée par l'avidité qui prévaut chez certaines personnes, en particulier dans le secteur financier. La majorité de la population est correctement, voire insuffisamment payée. En revanche, une minorité d'individus gagne régulièrement des sommes totalement injustifiées et inacceptables.

La question posée par les gros salaires est-elle d'ordre moral ou d'ordre économique?
Les deux. C'est assurémment une question d'ordre moral qui doit être traitée sous l'angle de la justice et de l'équité. Des revenus élevés peuvent également devenir un problème économique dans la mesure où ils accaparent des ressources financières qui pourraient être allouées différemment au sein de l'entreprise. 

Le fait de fixer un plafond aux plus hauts salaires aurait-il pour effet une augmentation des salaires les plus modestes?
Le montant d'un salaire dépend de plusieurs facteurs, en particulier des compétences professionnelles et humaines requises, ainsi que de l'expérience de la personnes concernée. Les rémunérations des uns n'influencent pas forcément celles des autres. Cela étant, il est important de rester attentif à ce que l'écart entre les salaires les plus faibles et les plus élevés reste acceptable, ce qui n'est malheureusement souvent pas le cas.

Lorsqu'une crise survient, tout le monde trouve volontiers des coupables: les banquiers, les riches... D'où vient-elle en fait?
La récente crise financière s'est rapidement transformée en crise économique et sociale suivant les pays. L'origine de la crise est multiple. Les incitations inhérentes aux systèmes de rémunération de certains établissements financiers ont constitué l'un des facteurs importants. On a ainsi poussé de nombreuses personnes à prendre des risques inconsidérés. 

N'y a-t-il pas une certaine présomption à vouloir imposer un cadre contraignant à l'économie?
En théorie, l'autorégulation serait bien sûr la meilleure solution. Mais il faut être réaliste: rares sont les acteurs économiques qui agissent simultanément dans leur intérêt personnel, tout en se préoccupant de l'intérêt des autres parties prenantes au sein de la collectivité. C'est la raison pour laquelle, il est nécessaire d'avoir un minimum de règles sous forme de codes incitatifs (soft law) ou de loi contraignantes.

Septante ans de communisme ont montré les limites de l'économie planifiée...
Définir des règles de comportement au sein de l'économie ne signifie de loin pas que tout va être planifié. Il s'agit de trouver un juste milieu où l'initiative personnelle reste préservée.

Quelle est la valeur fondamentale qui permet d'assurer le bon fonctionnement d'une économie?
Le respect du concept de développement durable: cela contribue à prendre en compte simultanément la dimension économique, sociale et environnementale, dans une perspective à long terme et dans le respect des intérêts des générations futures.

Les Eglises ont-elles un rôle à jouer lors de crises économiques et financières?
Les Eglises sont appelées à jouer plusieurs rôles importants. D'une part, une fonction de soutien moral et socio-économique par rapport aux personnes les plus touchées. Mais ce n'est pas suffisant. Elles ont également un rôle de signal vis-à-vis des responsables économiques et politiques en leur rappelant toujours à nouveau l'importance des dimensions de justice et d'équité, valeurs indispensables pour assurer une prospérité durable. 

  • V.Vt

 

EN ENTENDRE PLUS

  • Des conférences. En janvier 2011, le lundi à 19h30, l'Espace culturel des Terreaux à Lausanne vous invite à une série de conférence sur le thème «Valeurs et prix de l'argent».
  • Le 10 janvier: Dieu et l'argent, avec Daniel Marguerat.
  • Le 17 janvier: Salaires, une logique à repenser, avec Dominique Biedermann.
  • Le 24 janvier: Quelle éthique dans la gestion de fortune? avec Pierre-Yves Lécureux et Christian Carron.
  • Le 31 janvier: Economie sociale et solidaire, un potentiel à développer, avec Christophe Dunand.
  • Un document: La Fédération des Eglises protestantes de Suisse a publié «Des règles honnêtes pour une économie équitable. Un point de vue protestant sur les récentes crises financières et économiques». A télécharger sur www.feps.ch