Dominique Biedermann, directeur de la Fondation Ethos, viendra parler des
valeurs liées à notre économie. Il fait le point sur la crise
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Dominique
Biedermann: «Définir des règles de comportement.»
Photo: Ethos
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Le titre
de votre conférence est «Salaires, une logique à repenser»*. Des gens gagnent-ils
trop d'argent?
Dominique
Biedermann: La problématique posée
par les salaires, à savoir la rémunération du travail, a souvent été complètement
dénaturée par l'avidité qui prévaut chez certaines personnes, en particulier
dans le secteur financier. La majorité de la population est correctement, voire
insuffisamment payée. En revanche, une minorité d'individus gagne régulièrement
des sommes totalement injustifiées et inacceptables.
La
question posée par les gros salaires est-elle d'ordre moral ou d'ordre
économique?
Les deux. C'est assurémment une question d'ordre moral qui doit être
traitée sous l'angle de la justice et de l'équité. Des revenus élevés peuvent
également devenir un problème économique dans la mesure où ils accaparent des
ressources financières qui pourraient être allouées différemment au sein de
l'entreprise.
Le fait
de fixer un plafond aux plus hauts salaires aurait-il pour effet une
augmentation des salaires les plus modestes?
Le montant d'un salaire dépend de plusieurs facteurs, en particulier des
compétences professionnelles et humaines requises, ainsi que de l'expérience de
la personnes concernée. Les rémunérations des uns n'influencent pas forcément
celles des autres. Cela étant, il est important de rester attentif à ce que
l'écart entre les salaires les plus faibles et les plus élevés reste
acceptable, ce qui n'est malheureusement souvent pas le cas.
Lorsqu'une
crise survient, tout le monde trouve volontiers des coupables: les banquiers,
les riches... D'où vient-elle en fait?
La récente crise financière s'est rapidement transformée en crise
économique et sociale suivant les pays. L'origine de la crise est multiple. Les
incitations inhérentes aux systèmes de rémunération de certains établissements
financiers ont constitué l'un des facteurs importants. On a ainsi poussé de
nombreuses personnes à prendre des risques inconsidérés.
N'y
a-t-il pas une certaine présomption à vouloir imposer un cadre contraignant à
l'économie?
En
théorie, l'autorégulation serait bien sûr la meilleure solution. Mais il faut
être réaliste: rares sont les acteurs économiques qui agissent simultanément
dans leur intérêt personnel, tout en se préoccupant de l'intérêt des autres
parties prenantes au sein de la collectivité. C'est la raison pour laquelle, il
est nécessaire d'avoir un minimum de règles sous forme de codes incitatifs
(soft law) ou de loi contraignantes.
Septante
ans de communisme ont montré les limites de l'économie planifiée...
Définir
des règles de comportement au sein de l'économie ne signifie de loin pas que
tout va être planifié. Il s'agit de trouver un juste milieu où l'initiative
personnelle reste préservée.
Quelle
est la valeur fondamentale qui permet d'assurer le bon fonctionnement d'une
économie?
Le
respect du concept de développement durable: cela contribue à prendre en compte
simultanément la dimension économique, sociale et environnementale, dans une
perspective à long terme et dans le respect des intérêts des générations
futures.
Les
Eglises ont-elles un rôle à jouer lors de crises économiques et financières?
Les
Eglises sont appelées à jouer plusieurs rôles importants. D'une part, une fonction
de soutien moral et socio-économique par rapport aux personnes les plus
touchées. Mais ce n'est pas suffisant. Elles ont également un rôle de signal
vis-à-vis des responsables économiques et politiques en leur rappelant toujours
à nouveau l'importance des dimensions de justice et d'équité, valeurs
indispensables pour assurer une prospérité durable.
EN ENTENDRE PLUS
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Des
conférences. En janvier 2011, le lundi à 19h30, l'Espace culturel des Terreaux
à Lausanne vous invite à une série de conférence sur le thème «Valeurs et prix
de l'argent».
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Le 10
janvier: Dieu et l'argent, avec Daniel Marguerat.
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Le
17 janvier: Salaires, une logique à repenser, avec Dominique Biedermann.
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Le 24
janvier: Quelle éthique dans la gestion de fortune? avec Pierre-Yves Lécureux
et Christian Carron.
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Le 31
janvier: Economie sociale et solidaire, un potentiel à développer, avec
Christophe Dunand.
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Un
document: La Fédération des Eglises protestantes de Suisse a publié «Des règles
honnêtes pour une économie équitable. Un point de vue protestant sur les
récentes crises financières et économiques». A télécharger sur www.feps.ch
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