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Une fable pour les Fêtes Version imprimable Suggérer par mail
23-11-2011

Oui, oui, on sait: le monde va mal et, d'une manière générale, rien ne va plus.

D'ailleurs, pour beaucoup d'entre nous, les Fêtes ne s'annoncent pas très joyeuses. Le cœur n'y sera pas, non, et ce n'est pas cette année que certains se mettront à croire au Père Noël. C'est déjà si dur de croire en soi-même ou en quoi que ce soit d'autre, n'est-ce pas? Oui, sauf que nous avons peut-être tendance à noircir exagérément le tableau.

Je viens de découvrir une petite fable racontée par l'écrivain Charles Péguy (1873-1914) et, comme elle m'a plu, la voici. Juste pour le sourire, au cas où on ne la connaîtrait pas. Péguy se rend en pèlerinage à Chartres, un jour, et aperçoit un homme éreinté qui casse des cailloux. Il s'approche de lui: «Pardon, monsieur, mais que faites-vous?» Réponse: «Vous voyez bien, je casse des pierres et c'est le plus pénible des métiers. Je suis exposé au vent, à la pluie, à la grêle, au soleil. A force de suer et d'avoir mal au dos, je n'en peux plus de cette existence qui ne mérite pas le nom de vie!»

L'écrivain reprend sa route et voit, un peu plus loin, un autre homme casser les cailloux. «Qu'est-ce que vous faites, monsieur?» L'autre, qui n'a pas l'air de trop souffrir: «Eh bien je gagne ma vie en cassant des pierres et c'est dur. Mais grâce à ce métier, au moins, je peux nourrir ma famille, travailler au grand air et voir passer du monde. Je ne me plains donc pas, car il y a des situations pires que la mienne.» Péguy reprend sa marche et finit par tomber sur un troisième casseur de pierres. «Qu'êtes-vous en train de faire, monsieur?» Réplique du bonhomme, qui semble radieux: «Moi? Je bâtis une cathédrale.»

  • Céleste