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Courage, évangélisons! Version imprimable Suggérer par mail
19-01-2012

Parler d’évangélisation, c’est souvent voir les visages se fermer et le sourcil se faire interrogateur.

billetC’est pourtant l’un des thèmes que le synode va débattre cette année. Dans votre subconscient, qu’évoque ce mot pour vous? Le missionnaire arrivé en contrée «païenne» dans le sillon des colonisateurs? Les croisades et leur cortège de violences? Ou encore le télévangéliste américain, véritable pro du spectacle, jouant de l’émotion des foules? Ces caricatures ne sont certes pas ce que nous mettons sous le terme «évangélisation» aujourd’hui dans l’Eglise réformée vaudoise. Alors que faire? Faut-il inventer un autre mot, user d’un autre vocabulaire? On peut parler de stratégie d’évangélisation: on se sent déjà plus à la page; accolé à l’évangélisation, le mot issu du domaine militaire et entrepreneurial rassure: on structure, on se donne un but et des moyens.

On peut aussi gommer le tout et parler d’apport spirituel, de transmission de force, d’énergie: termes plus consensuels… mais utilisés à toutes les sauces. Paradoxalement, les sociétés informatiques ont créé un nouveau métier: le «technology evangelist» dont le mandat est de créer la communauté autour d’une nouvelle technologie. Quand même le monde des affaires et du marketing emprunte le vocable de la religion, ayons le courage de nos convictions. Débarrassons-nous des vieilles images liées à l’évangélisation et sachons habiter ce terme sans ses dérives. Dans les textes bibliques, l’évangélisation, dans son sens de «proclamation de la bonne nouvelle du salut», s’accompagne toujours d’actes de libération de la personne: rétablissement physique ou relationnel, forces renouvelées. Dans l’année qui s’ouvre devant nous, face aux injustices, aux inégalités, aux oppressions, nous sommes appelés au courage: courage d’aller vers les autres, en posant sur eux un regard de respect et d’accueil, mais d’abord courage d’aller vers soi-même pour exposer nos vies et les démons qui nous habitent à la bénédiction de Dieu et à sa Parole libératrice.

  • Pascale Gilgien, conseillère synodale