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Février 2012
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Panorama
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Les images de Dieu dans nos églises |
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| 19-01-2012 | |||||||||
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Y a-t-il de bonnes et de mauvaises illustrations du divin? Une pasteur analyse pour nous les représentations de Dieu dans des lieux de culte du canton Peut-on représenter Dieu? La question millénaire est d’une brûlante actualité aux yeux de la pasteur Jocelyne Müller, qui donne des conférences sur ce thème*. «Nous avons tous à l’esprit la vision de ce vieux barbu sur un nuage. ‹De ce Dieu-là, je suis athée›, disait Victor Hugo. Eh bien moi aussi!» clame la pasteur, qui observe de nombreux refus de la religion à cause d’images désuètes. «Notre tête est pleine d’images qui influencent notre compréhension de Dieu. Soyons iconoclastes de nos représentations si leur but est de ne pas y croire!» Plusieurs conciles au cours de l’histoire se sont penchés sur la manière d’illustrer Dieu. Celui de Nicée 2, au VIIIe siècle, a tranché: la seule personne de la Trinité que l’on devrait représenter, c’est Jésus. Car il s’est incarné. «Qui m’a vu a vu le Père», dit-il dans l’Evangile de Jean. Il suffit de visiter quelques églises pour réaliser que la consigne n’a pas été suivie à la lettre. La Réforme a voulu faire le ménage sans trop de nuances. En revenant au Décalogue – «Tu ne te feras pas d’idole» – elle était mue par des raisons spirituelles. «Calvin magnifie la transcendance de Dieu. Il craint que l’image n’en déforme la compréhension. L’idolâtrie, c’est croire en un faux dieu», explique Jocelyne Müller. Au XXe siècle, les réformés refont des images pour leurs temples, surtout sous forme de vitraux. La force de l’image L’être humain a le désir de voir, la pasteur le sait. «Visualiser nous aide dans notre rapport affectif au divin. Mais évitons la représentation personnifiée de ce que nous ne pouvons voir.» Dans le salon de la pasteur, un tableau illustre la résurrection: une simple lumière, vive et intense. «J’aime cette toile. Dieu est de l’ordre de l’invisible. Nous devrions représenter de manière abstraite ce qui n’est pas la vie terrestre de Jésus, comme la résurrection ou l’ascension.» Mais pour Jésus de Nazareth, Dieu incarné, pas besoin de rester dans l’abstrait. Jocelyne Müller apprécie plus que tout le «Christ dans le désert» du peintre russe Ivan Kramskoï. «Nous avons une théologie du visage. Jésus disait qu’en prenant soin du plus petit d’entre nous, c’est vers lui que nous nous tournons. Nous contemplons Dieu dans le visage d’autrui. Nous avons un Dieu qui a pris chair, non un Dieu qui plane.» S’il existe des images auxquelles Jocelyne Müller n’adhère pas, elle les trouve toujours passionnantes pour la réflexion: «Quand vous voyez une représentation de Dieu, regardez-la attentivement. Est-ce que vous comprenez cette image? Est-ce que vous comprenez Dieu ainsi? Et vous, si vous vouliez mettre une image, que choisiriez-vous?»
Conférences
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