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Février 2012
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Reportage
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Un toit fiable sur la tête |
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| 19-01-2012 | |||
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Pour Haïti, le séisme a été comme un coup de massue. Visite, deux ans après le drame, à des survivants et à ceux qui les aident
Pour générer des revenus auprès des déplacés et de leurs familles d’accueil, l’EPER et des organisations de producteurs agricoles se sont lancées dans la réfection de pistes rurales. «Comme le peuple a soif de travail, les gens se pressent au portillon», explique Pierre Jean, maître d’œuvre du premier tronçon. Les travailleurs œuvrent cinq jours par semaine mais ne sont payés que pour quatre jours, c’est notre manière de leur demander une participation communautaire. Un aveugle se réjouit de cette nouvelle route: «Elle est pour moi!» «Avant, on pataugeait dans la boue quand il pleuvait, maintenant, les enfants peuvent arriver propres à l’école!» raconte un riverain. «La route est aussi utile aux marchandes qui se rendent à Jérémie et Port-au-Prince pour écouler leurs récoltes», explique celui que tous appellent Monsieur Jean. Les dégâts causés aux habitations demeurent une grande préoccupation en Haïti. Deux ans après le séisme, les camps de tentes qui ont fleuri après le tremblement sont encore nombreux. Ils occupent des places dans les villes, ou viennent grossir les bidonvilles le long des routes. Les tentes bleues, consolidées tant bien que mal par d’autres bâches, sont collées les unes aux autres. La bourgade de Petit-Goâve, proche de l’épicentre, déplore la destruction de près de 6000 maisons et l’endommagement de 24 000 autres. Marie Alina, 74 ans, est l’une des premières bénéficiaires du projet de reconstruction. Sa maison s’est littéralement écroulée lors du tremblement de terre. Elle y vivait avec deux de ses filles, seules à élever leurs quatre enfants, dont un né dans la rue peu après le séisme. «Cette famille était déjà très précarisée avant le tremblement de terre, explique Anaël Tataille, en charge des questions sociales de l’EPER, raison pour laquelle elle a été prioritaire.» Quitter une tente en piteux état, dont tous les voisins se moquaient en l’appelant la «tente macaque», a permis à ces femmes et enfants de retrouver une dignité. «Je suis heureuse que nous puissions enfin tous dormir au sec», conclut Marie avec un grand sourire. Contrairement à d’autres ONG qui se sont concentrées sur la construction d’abris provisoires, l’EPER répare ou bâtit des maisons définitives en béton armé à Petit-Goâve, respectant les normes parasismiques et para-cycloniques. Aidée de son mari et d’un cousin, Eliane Dorvil travaille à la réparation de sa maison. «C’est le ‹boss maçon› qui nous dit ce que nous devons faire. Nous portons l’eau et les blocs de ciment, et sommes à disposition pour apporter les outils ou mélanger le mortier.» Elle se réjouit déjà de voir sa maison terminée. Elle la peindra en rose et crème.
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