Je vais y réfléchir
Libérer notre être pour changer le monde?
19-01-2012

Réchauffement climatique, gaspillage des ressources, épuisement des humains…

reflechirGlobalisé et gouverné par la finance, notre mode de développement est non durable et inéquitable. Nous le savons, nous nous indignons, mais rien ne change vraiment. Pourquoi le système résiste-t-il aux crises à répétition qui en révèlent le caractère absurde et destructeur? Pourquoi poursuit-il sa course dans le mur, malgré des critiques toujours plus vives, y compris des élites? Plusieurs éléments expliquent cette inertie. Des facteurs structurels liés aux jeux de pouvoir, d’intérêt et d’influence des acteurs de la mondialisation comme les Etats, les multinationales, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Fonds monétaire international (FMI). Mais aussi des raisons plus intérieures, spirituelles.

Qui participent de l’imbrication subtile entre la logique du capitalisme, notre système de représentations et certains ressorts intimes de notre être. Le capitalisme est plus qu’un mode de production et d’échange des richesses. Il constitue un esprit, un imaginaire tissé de valeurs individuelles – liberté, réussite matérielle – et d’indicateurs de performance – compétitivité, rentabilité – qui formatent notre culture, collective et individuelle. Il n’est donc pas seulement extérieur à nous, mais également au-dedans de nous. Le système capitaliste vit en nous – souvent à notre insu – à travers l’illusion de la consommation comme source de bonheur, la croyance en la toute-puissance de la technique, la désacralisation de la nature réduite à un stock de ressources.

A travers aussi – via la publicité – une extraordinaire capacité à capturer et manipuler nos affects les plus profonds: notre puissance de désir et la peur de manquer, expression de notre angoisse de la mort. C’est à la lumière de ces mécanismes intérieurs qu’il convient d’agir si nous entendons sortir du système qui détruit notre planète. Cela engage notre responsabilité, suppose un travail de conscience et de libération intérieure. Si le capitalisme vit en nous, notre être n’est pas réductible à l’«homo œconomicus». Il y a en chacun de nous une énergie qui résiste, qui aspire à autre chose. C’est cette partie irréductible – l’image de Dieu en l’homme – qu’il convient d’éveiller et de cultiver. Afin de mettre en boucle transformation spirituelle de soi et transformation structurelle du monde.

  • Michel M. Egger, théologien orthodoxe et responsable d’ONG 
  • Michel Maxime Egger donnera une conférence sur le thème: «De l’‹homo œconomicus› à l’‹homo eucharisticus›: libérer notre être captif du marché», le 23 février, 9h-11h30, Maison de paroisse Les Croisettes-Epalinges. Les 26 janvier et 2 février, rencontres du même cycle de la Société vaudoise de théologie, pour faire dialoguer économie, politique et spiritualité, avec Dominique Biedermann puis Christoph Stückelberger. Le 16 février, au centre paroissial Saint-Jacques, avec Jean-Jacques Friboulet.