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Comment prévenir la violence des jeunes? Version imprimable Suggérer par mail
22-02-2012

«Papa, je n'irai jamais vivre à Ostermündigen, on s'y fait tabasser par les gangs de jeunes!»

«Papa, je n'irai jamais vivre à Ostermündigen, on s'y fait tabasser par les gangs de jeunes!»

je_vais_y_reflechir_pascal_veillonVoilà ce qu'a entendu un père discutant avec son fils prêt à quitter le domicile de ses parents. La violence entre jeunes et la recrudescence de la délinquance juvénile sont bien réelles. C'est pourquoi l'Office fédéral des assurances sociales vient de lancer deux vastes programmes qui dureront jusqu'en 2015. Le premier concerne la prévention de la violence, le second la protection des jeunes face aux médias. Ce n'est pas d'aujourd'hui que la violence inquiète. Francesco Candelari, secrétaire général du MIR, raconte l'origine du mouvement: «A la veille de la Première Guerre mondiale, l'Anglais Henry Hodgkin et l'Allemand Friedrich Siegmund-Schultze se sont promis de ne jamais utiliser la violence contre les frères et sœurs de leurs pays respectifs. Ils ont compris, bien avant les dirigeants de leurs pays, que l'Europe – et le monde – devrait voir d’abord ce qui unit les êtres humains et non ce qui les divise. Ils ont trouvé le lien les unissant au Christ. Depuis cette date, six membres du MIR ont reçu le Prix Nobel de la Paix.» Nous pouvons lutter contre la violence par des actions policières et politiques, ou nous en prémunir par l'apprentissage des arts martiaux. C'est parfois indispensable. Le MIR, fidèle au principe de non-violence, ne cherche pas à lutter contre, ce qui comporte en soi de la violence, mais à promouvoir une attitude et des techniques qui permettent de désamorcer la violence: entrer en conversation et parler en «je», exprimer ses émotions et ses sentiments, accueillir et respecter la colère de son antagoniste, rester bienveillant, surveiller son langage non verbal et désamorcer les gestes agressifs, etc. C'est une véritable discipline. Nous pouvons l’apprendre, nous entraîner, mais elle est aussi intuitive, à la portée de chacun. La maîtrise de soi est don de l'Esprit selon l’apôtre Paul. Le mot qu’il utilise signifie littéralement «sortir de la domination». La non-violence, c'est renoncer à dominer l'autre en se dominant. Ce n'est jamais sans risque et cela demande du courage quand on se trouve pris dans une situation de violence. Mais c'est, pour nous qui tentons d'adopter ce mode de vie, le chemin d'une prévention durable.

  • Pascal Veillon, pasteur à la retraite, membre du comité suisse du MIR  
  • Deux rendez-vous: le 9 mars, la première de trois conférences nationales sur le thème «Jeunes et violence» aura lieu à l'Hôtel de Ville de Berne. Les 27 et 28 octobre, le MIR organisera un colloque sur l'éducation à la paix, au Village de la Paix à Broc.
  • Un site: www.ifor-mir.ch