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Vie des gens
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Aumônier des pompiers |
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| 29-06-2011 | |||
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Les sapeurs ont leur pasteur. Unique
Non, l’aumônier est là pour autre chose. «Je suis une oreille attentive. Les pompiers sont le plus souvent confrontés à l’urgence et à la fragilité de la vie. Ils sont témoins d’événements inattendus qui peuvent faire basculer une existence. Vous ne restez pas insensible en désincarcérant une personne qui restera peut-être tétraplégique. Vous vous identifiez. Cela vous donne une perception de la réalité, une conscience de la mort, une ouverture aux questions de l’au-delà», souffle le pasteur. Alors l’aumônier participe parfois au débriefing d’une intervention pénible, ou lorsqu’un des hommes a été blessé. Le plus souvent, il rend simplement visite à la caserne pour rencontrer les sapeurs. Comme les soirs de fêtes de fin d’année, pour ceux qui restent de garde. Il lui arrive aussi d’officier lors du décès d’un homme du feu. Mais c’est surtout à la cérémonie du souvenir, devant le monument aux morts des sapeurs-pompiers au cimetière du Bois-de-Vaux, qu’il est très attendu. «Un moment vraiment fort», se remémore Fausto Berto.
Corps et âmeLe pasteur salue le commandant, le colonel Jean-Luc Berney. «L’aumônier, c’est top! assure le chef de service. Mes hommes donnent tout ici, au prix de sacrifices. J’ai la chance de compter un médecin, une psychologue et un pasteur. Nous pouvons parler de santé du corps et de l’âme, chacun avec son rôle. Mes hommes peuvent avoir besoin d’un appui spirituel ouvert. L’aumônier porte un message d’espoir, moderne, pluriculturel, sans tirer la couverture à lui. Je n’imaginerais pas ne pas l’avoir.»Lausanne est le seul corps de pompiers du canton à avoir son aumônier. Fausto Berto, 55 ans, occupe bénévolement la fonction depuis 1992, avec le grade de capitaine. Un peu comme un sapeur volontaire, «mais sans solde», admet-il. A Lausanne, cette présence est traditionnelle, son origine se perd dans les mémoires. «C’est la philosophie de l’aumônier à l’ancienne, sans cahier des charges précis, expose Fausto Berto. Il me suffit de venir, de m’adapter, d’être à l’écoute des besoins et de tendre la perche.» Car les demandes viennent rarement toutes seules, sauf si c’est très grave. «On m’interpelle plutôt par une boutade sur Dieu ou sur l’Eglise. Derrière, il y a souvent l’amorce d’une question», sourit l’aumônier à l’écoute, lui, de ces alertes silencieuses: «Quand l’être humain traverse un drame, son échelle de valeurs est chamboulée. Pourquoi la souffrance incroyable? Pourquoi le mal subi?» L’alarme crépite à nouveau dans les haut-parleurs. «Cela n’a pas arrêté aujourd’hui», lance un sapeur. Les hommes du feu veillent sur la ville, l’aumônier sur eux. Un peu.
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