Les éditions
Juin 2011
Agenda
- Concert unique Choeur Vivace, Auberson, Norn, Dvorjak
24 mai
- Rencontre avec Jean Zumstein
24 mai
- Marche spirituelle au Pied du Jura
25 mai
- Atelier de constellation familiale
25 mai
- Concert classique ludique et pédagogique avec le Trio Lenitas en faveur de La Main Tendue Vaud
25 mai
Proposer un événement
|
Suivez le guide
|
Sur les traces des derniers cathares |
|
|
| 25-05-2011 | |||
|
Dans l’Aude, en Languedoc-Roussillon, des vestiges imposants racontent la lutte acharnée contre le mouvement spirituel jugé hérétique
Qu’est-ce qui a bien pu pousser des hommes à se réfugier dans un endroit aussi hostile? «Au Moyen Age, la question qui taraude les esprits est de savoir comment sauver son âme», explique Ingrid Sparbier, notre guide, en nous entraînant sur le sentier d’accès. L’époque est dure, la question du mal omniprésente. Ingrid s’arrête: «Qui est responsable du mal ici-bas? La pensée cathare répond: non pas le Dieu d’amour, qui est lumière éternelle et règne sur le paradis, mais un mauvais dieu qui a créé cette terre.» Ce dieu du mal a façonné des statues, mais sans réussir à les faire vivre. Par un stratagème, il a alors capturé des anges du paradis, enfermés dans nos corps qu’ils animent. «Il n’y a pas d’autre enfer que le monde où nous vivons. Le but est de se libérer», précise notre guide. Pour nous permettre d’y arriver, Jésus a été envoyé par Dieu afin d’apporter le baptême d’Esprit, seul moyen de salut. Les cathares perpétuent ce baptême, qu’ils appellent «consolamentum», leur unique sacrement. «Celui qui ne le reçoit pas avant sa mort repart pour un tour ici-bas. Mais à la fin, tout le monde sera sauvé», annonce notre guide. Idéal de puretéArrivés au pied des murailles, nous franchissons l’étroite porte de la première enceinte. Par fort vent, il faut s’aggriper. «Les cathares sont habités d’un idéal de pureté, reprend Ingrid Sparbier. La vie de celui qui a reçu le consolamentum devient très stricte. Il pratique de longs jeûnes, s’abstient de viande et de produits laitiers, ne touche plus les personnes de l’autre sexe ou encore promet de toujours dire la vérité – ce qui va facilter le travail de l’Inquisition.» Qu’il soit homme ou femme, ce parfait devient également prêtre. Les hommes se mettent en route pour prêcher, deux par deux comme les apôtres. Tous ont pour mission de transmettre le sacrement qui sauve. La vie du simple croyant est plus relax. «On ne leur demande rien, ni dîme, ni prescription. Ils peuvent se marier, manger ce qu’ils veulent. Ils doivent seulement saluer les prêtres avec respect, écouter leurs prêches et s’arranger pour ne pas rater le consolamentum et ses exigences avant la fin de leur vie.» Dans le donjon, la salle du pilier, tout en hauteur et en courants d’air, laisse imaginer quelques instants «la vie de château». Inutile de chercher dans ces ruines des symboles ou des objets cathares. Ces croyants n’ont pas de croix puisque Jésus, pur esprit, n’a pas pu y souffrir, ni expier le péché de la Genèse qui n’a pas eu lieu. Les cathares ne lisent que le Nouveau Testament, en particulier l’Evangile de Jean. L’Ancien Testament, lui, parle du Dieu de colère. «Les cathares n’ont rien construit, car créer, c’est l’acte du dieu mauvais», précise notre guide. D’ailleurs, ce château n’est pas leur œuvre. Ils n’ont fait que s’y réfugier par moments. Par-dessus la muraille, le regard se pose à 6 km de là sur une forteresse imposante le long d’une crête vertigineuse. Peyrepertuse. Elle a aussi hébergé les hérétiques, puis a été assiégée quelques années avant Quéribus. «Les cathares ne cherchent pas le pouvoir et ont une conduite exemplaire. Pourtant leur théologie représente un danger pour l’Eglise en place. Ils se disent les véritables disciples et jugent l’Eglise catholique égarée», explique Ingrid. Rome a d’abord tenté de réagir en envoyant des missions cisterciennes dans la région, sans le succès escompté. Il faut visiter la subjugante abbaye de Fontfroide, bastion de cette proclamation théologique. Le pape Innocent III lance alors la première croisade en Europe, dès 1209. Le roi de France s’en mêle, profitant d’étendre son pouvoir sur la région. Devant la résistance de l’hérésie, le pape Grégoire IX imagine vingt-quatre ans plus tard l’Inquisition. Le catharisme disparaît avec la mort de son dernier prêtre sur le bûcher en 1321. Plus personne ne peut transmettre le sacrement du consolamentum.
En savoir plus
|
|||









Haut de la page