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Edito
Osons résister à la démagogie d'Exit Version imprimable Suggérer par mail
29-05-2012

Le vote soumis au peuple vaudois, suite à l’initiative d’Exit, sera observé par toute la Suisse.

denis_muller_posteriseeCertains voudront y voir un premier pas encourageant. Cela correspond à la stratégie politique d’Exit depuis des années. Stratégie de grignotage et de démagogie. 

Les chrétiens seront bien inspirés de résister à cette instrumentalisation de la compassion et à cette exploitation de leur naïveté supposée. Les protestants auraient grand tort de vouloir se démarquer trop vite ici des catholiques. J’estime que la ligne défendue par les représentants catholiques mérite pleine considération. Il y a une cohérence, dans leur perspective, à refuser aussi bien le contre-projet que l’initiative, puisque, dans les deux cas, on aurait affaire à une légitimation éthique des positions d’Exit. Légitimation dépassant le simple problème de l’assistance au suicide, et englobant finalement l’euthanasie active directe. Mme Suzette Sandoz, du côté de l’Eglise réformée vaudoise, a émis les mêmes craintes. Cette ligne d’argumentation fait preuve d’une indéniable lucidité: elle résiste à juste titre aux manœuvres manipulatrices d’Exit et de son charismatique président-docteur. Dans l’idéal, je le reconnais, le double non est une position plus juste du point de vue théologique et éthique. Il permettrait d’en rester au statu quo actuel, qui n’est pas si mauvais. Pourtant, le danger d’un plébiscite de l’initiative d’Exit existe. J’exhorte les protestants vaudois à mesurer ce danger et à opter pour une voie plus réaliste.

Afin que l’initiative trompeuse d’Exit soit clairement rejetée et que la stratégie de cette association cesse de pouvoir répandre ses effets en Suisse, mieux vaut approuver clairement le contre-projet, qui fait preuve de sagesse politique. Il faut, en tout cas, éviter qu’en cas d’acceptation des deux textes, celui d’Exit l’emporte. Le contre-projet ne légitime pas l’assistance au suicide, mais il se contente de concéder que, dans certains cas et sous des conditions strictes, cette forme de compassion demeure tolérable. Rien ne nous empêchera de continuer à militer pour une médecine plus humaine et pour une reconnaissance plus large des soins palliatifs.

  • Denis Müller Professeur d’éthique aux Facultés de théologie de Genève et de Lausanne