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Les voyages 2013 de bonne nouvelle
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La colère de Céleste
Manque de gueules Version imprimable Suggérer par mail
23-02-2012

En 2012, les Français sont devenus comme les Américains: ils pensent, eux aussi, qu’ils font les meilleurs films du monde.

Ce sentiment, qui n'a jamais effleuré les Suisses, doit être agréable. Et s’il ne faut rien exagérer, il faut admettre que rarement le cinéma français s'est aussi bien porté. Derrière l'entraînant «Intouchables», avec ses foules de spectateurs, et le charmant «The Artist», bardé de ses innombrables prix internationaux, on dénombre quantité d’autres réussites. Bravo, beau tableau! Sauf qu’il lui manque quelque chose, ne trouvez-vous pas? Mais si, voyons, il manque ce qui a longtemps fait la singularité du cinéma hexagonal: les acteurs de caractère. C'est-à-dire ces comédiens hauts en couleur, dont la tronche, l’âge, le regard, la beauté ou la laideur, l’accent et l’empreinte sociale suscitaient la sympathie ou l’antipathie et constituaient une matière romanesque. Avec Jouvet, Raimu, Fernandel, Blier, Gabin, Ventura, Belmondo et tant d'autres, dont Depardieu est l'ultime représentant, les gueules faisaient la loi. Or, des comme ça, on n'en fait plus. Leur ont succédé des acteurs de talent, certes, mais dans l'ensemble aussi lisses que des animateurs de télévision. En même temps, bien sûr, le cinéma français n'est pas responsable de l’uniformisation des profils. Ce n'est pas de sa faute si, dans la vie, les bars à sushis ont supplanté les bistrots et si les gens ne viennent plus de la campagne. Il n'y peut rien si les accents se perdent et si les personnages hors du commun, tout comme la poésie, ne courent plus les rues. D'ailleurs, on plaint le Bourvil de demain: le pauvre, pour avoir sa chance, sera obligé de passer par la case chirurgie esthétique.

  • Céleste