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Spiritualité
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Cinq clés pour être écospirituel |
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| 25-04-2012 | |
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Orthodoxe, Michel Maxime Egger nous apprend à voir le monde autrement
1. Changer notre regard sur la natureLes racines profondes de la crise écologique remontent à la fin du Moyen Age, avec la modernité occidentale. Dieu a alors été expulsé hors de la nature, dans la transcendance. Il s’en est suivi une conception désacralisée de la nature. Vidée de toute dimension de mystère, réduite à sa dimension matérielle, la nature devient un objet. Chosifiée, elle est un stock de ressources à disposition de l’homme pour satisfaire son avidité. Nous avons ainsi réduit l’invisible au visible, puis réduit le visible au matériel, et enfin réduit le matériel à l’économique. Il faut modifier notre regard et redonner à la nature une dimension sacrée. La tradition chrétienne a des ressources pour cela. Chaque créature porte en elle la marque du Créateur qui constitue sa raison d’être. La nature est appelée à être transfigurée pour devenir l’expression du divin en elle. Dieu par ses énergies se manifeste à travers chaque créature, l’anime pour tendre vers cette finalité. Une nature ainsi habitée mérite notre respect. 2. Renouer avec la contemplationL’expulsion de Dieu hors de la nature a coïncidé avec une autre réduction. L’être humain a été ramené à la dualité corps – âme. Et l’esprit, qui avec ces deux-là était partie intégrante de l’homme, a été évacué. L’esprit est la faculté d’entrer en communication avec l’intériorité la plus profonde des êtres. Il rend l’homme capable de Dieu. Nous avons exalté la raison, comme l’organe par excellence de la connaissance. La rationalité, toutefois, transforme en objet ce qu’elle veut connaître. La connaissance contemplative ou mystique, au contraire, est intuitive. Nous y entrons par communion. La vraie connaissance n’est pas sur Dieu, mais de Dieu, que nous découvrons partie de nous-mêmes. De même, nous découvrons que nous faisons partie de la nature mais aussi que le cosmos est en nous. Cette faculté nous éveille à la présence divine dans la nature. L’écospiritualité ouvre à une connaissance de cet ordre, perdue par excès de rationalité. 3. Sortir de nos peursNotre système économique est fondé sur l’hypothèse d’une croissance illimitée. Conception qui se heurte au fait que nous sommes dans une biosphère limitée. Ce système instrumentalise la puissance des désirs et la peur. Pour les Pères de l’Eglise le vrai désir de l’homme est celui de Dieu. Cette aspiration s’est dégradée en une série d’envies. Notre puissance de désir n’est pas satisfaite par la consommation de biens matériels. Derrière chaque désir se cache un désir infini de Dieu. Par un travail intérieur, nous pouvons nous reconnecter à la source du divin. L’autre moteur est la peur du manque. Nous n’allons pas échapper au manque par l’accumulation. Ce n’est qu’une manière de refuser notre finitude. Derrière chaque peur se tapit la peur de la mort. 4. Se transformer de l’intérieurCes trois premières clés ouvrent un chemin de longue haleine, de transformation intérieure. La méditation, la prière, le jeûne, la liturgie sont des outils pour y parvenir. Un exemple, la nourriture. Nous pouvons faire de cet acte un espace de communion à la nature, à la chair du monde. Par ce qui est dans mon assiette, je prends conscience et communie avec toute l’humanité qui a travaillé à son élaboration, avec la nature et avec Dieu, qui nous offre le monde comme une maison dont nous sommes les hôtes et que je remercie. Cela vaut aussi pour d’autres domaines de la vie. Dire merci à ce que je reçois, que je transforme et que je rends en partage. Voilà le mode d’être d’une écologie chrétienne. 5. Mettre en œuvre les écogestesLe souci écologique nous invite à recycler les déchets, nous chauffer moins, utiliser les transports publics, manger des produits bio et locaux... Ce souci ne change cependant pas le statut de la nature. Il naît de l’observation que notre impact est trop grand. Il débouche souvent sur des injonctions et des interdictions. L’écospiritualité permet d’ancrer ces gestes en profondeur, qui ne sont plus des obligations extérieures mais des attitudes liées à un mode d’être. Voir la nature habitée par le divin, qui se manifeste par la beauté et vise à la transfiguration, cela donne du sens et une motivation plus profonde.
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Pour Michel Maxime Egger, le souci de la nature ne doit pas être seulement un sujet de réflexion. Dans son dernier livre, il nous invite à en faire une affaire de cœur. Pour nous aider à refonder l’unité entre le divin et la nature, entre Créateur et Création, l’auteur propose cinq clés pour une vraie écospiritualité.
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