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Les huguenots en terre vaudoise |
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| 25-04-2012 | |||
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Le sentier européen de Grande Randonnée, qui suit le tracé historique de l’exil des huguenots dauphinois, arrive à Morges. Grande fête le 2 juin
Les huguenots étaient plutôt bien reçus: on accueillait des frères dans la foi, persécutés pour des convictions qui étaient les mêmes que celles des protestants de Suisse. «Des voix discordantes ne manquaient toutefois pas pour dire que la barque était pleine, que la plupart des réfugiés se montraient trop oisifs ou perturbaient l’ordre public parce que les gens du Sud parlaient trop fort...» précise Pierre-Olivier Léchot. Horlogers et banquiersGenève et le Pays de Vaud n’étaient souvent qu’une étape. «La majorité des réfugiés étaient des agriculteurs. Or, l’entier du territoire cultivé suisse était déjà occupé. La situation n’était guère plus favorable dans les villes, où les corporations étaient jalouses de leur monopole.» Seuls ceux qui exerçaient une profession «à forte valeur ajoutée» pouvaient s’installer: fabricants de bas, horlogers et banquiers! Entre 20 000 et 30 000 huguenots seraient restés. Les fameuses «bourses françaises» qui subsistent dans certaines villes de la Côte en sont un témoignage. «Des noms demeurent parmi ceux qui ont fait la Suisse d’aujourd’hui: les Suchard à Neuchâtel, les Mousson ou les Chevallaz dans le Pays de Vaud. Le chocolat et la politique fédérale: presque toute l’identité helvétique en somme!» souligne notre historien. La langue française a évolué à leur contact et la Suisse romande s’est ouverte à un certain goût «à la française». «Sur le plan religieux, les huguenots ont apporté des idées plus ouvertes sur certains sujets que celles des théologiens de Genève et de Berne, qui les ont d’abord mal accueillis de ce simple fait...» La grande majorité des réfugiés a donc poursuivi son chemin, certains marchant près de 1600 km depuis la Drôme jusqu’à la ville allemande de Bad Karlshafen. «L’idée était de canaliser le flot vers des territoires prêts à les accepter: le Brandebourg-Prusse ou la Hesse-Cassel, qui avaient été ravagés par la Guerre de Trente Ans et devaient se repeupler.» Mais les choses n’étaient pas si simples: certains revenaient en Suisse parce qu'ils n'avaient pas trouvé où s'installer, d'autres pour chercher des membres de leur famille arrivés après eux.
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Inauguration sur sol vaudois La partie suisse du sentier «Sur les pas des huguenots» prend forme. Le tronçon Genève-Morges sera ouvert samedi 2 juin, 19 mois après l’inauguration de la première étape sur sol suisse, entre le poste frontière de Chancy et le Musée international de la Réforme. Plusieurs scénarios s’offrent à vous. Les marcheurs sont attendus à 10h au temple d’Aubonne pour cheminer ensemble jusqu’à Morges. Différentes haltes seront disséminées le long du parcours pédestre de 14 km. La barque «La Neptune» et la galère «La Liberté» quitteront les ports de Genève et de Versoix vers 11h30. Quelques places seront disponibles à bord, aux côtés des officiels. Le rendez-vous suivant est fixé à 15h, au temple de Morges, pour une célébration enrichie d’une évocation historique et agrémentée par les chants d’un chœur d’hommes, avant que le cortège ne se rende au château, où une grande fête couronnera cette journée de rencontres.
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Entre 1680 et 1750, plus de 140 000 huguenots, victimes de leurs croyances religieuses, ont fui la France pour échapper aux persécutions. «C’est à pied que les gens du peuple voyageaient. Ceux de meilleure condition sociale faisaient le trajet en voiture ou à cheval. Entre Genève et Nyon ou Morges, la plupart voyageaient en bateau en raison de la présence française dans le pays de Gex», raconte Pierre-Olivier Léchot, président de l’Association suisse pour l’histoire du Refuge huguenot, qui favorise les recherches historiques et suit de près la mise sur pied des itinéraires huguenots par la Fondation Via.
Les conditions du voyage étaient désastreuses. «Ils devaient marcher de nuit, se cacher, payer des passeurs souvent peu scrupuleux... quand ils ne se faisaient pas carrément détrousser par des bandits de grand chemin.» L’arrivée en Suisse était donc un véritable soulagement.
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