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Les voyages 2013 de bonne nouvelle
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Immatériel mais bien réel Version imprimable Suggérer par mail
22-02-2012

Le canton de Vaud a recensé son riche patrimoine immatériel. La religion aurait-elle été oubliée?

Le patrimoine immatériel? Ce sont «les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants», selon la définition qu’en donne l’UNESCO, partie à leur recherche dans le monde entier. Dans notre canton, ces traditions bien vivantes vont de la Fête des vignerons aux découpages du Pays-d’Enhaut. Le premier recensement cantonal, publié récemment, en dénombre une septantaine*. On y trouve naturellement le guet de la cathédrale, la sonnerie des cloches d’églises, le Jeûne fédéral, les cérémonies funèbres aussi. Mais nombre de traditions liées à la vie des Eglises n’y sont pas représentées. «bonne nouvelle» vous en propose quelques-unes pour compléter la liste.

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  1. Le culte protestant
    Réputé austère et suranné, il balise néanmoins un clair chemin de prière et de foi: accueil du mystère de Dieu, grâce qui allège de tout fardeau, adoration, écoute de la Bible, intercession, communion, bénédiction. La prédication, cœur du culte, mélange au creuset l’Ecriture vénérable, la science interprétative, tout l’éventail des thématiques actuelles, le vécu des gens et la chair du prédicateur. Dans le meilleur des cas, de ce creuset coule l’or liquide d’une Parole de Vie.
  2. La vente paroissiale
    Une fois l’an, les maisons de paroisse bruissent d’une activité fébrile. Des stands offrent brocante, livres, tricots et confections textiles; les jeux attirent enfants et adultes. Le rayon pâtisserie est achalandé de produits maison, une équipe s’active aux repas, les crieurs de tombola font des heureux. Parfois un spectacle est monté, avec peu de moyens, mais de nombreux acteurs et un enthousiasme optimal. Tradition désuète? Certes, mais on n’a pas encore trouvé mieux pour soigner la convivialité, stimuler l’offrande joyeuse et assurer ainsi les budgets d’Eglise.
  3. Le baptême
    Les familles, engagées dans la foi, sympathisantes, ou simplement attachées à la tradition, mettent beaucoup de sérieux à le préparer: entretiens avec le ou la ministre, réflexion sur le sens, choix liturgiques, création de textes. Tout est soigné, du choix des parrains-marraines jusqu’au repas. C’est une journée de fête. Les baptisés ne sont pas tous bébés: enfant en âge de conscience, catéchumène le jour des Rameaux, jeunes ou adultes baptisés dans le lac Léman, voici autant d’événements forts. J’ai même baptisé une femme âgée, quelque temps avant sa mort.
  4. Le mariage à l’église
    De nombreux couples restent très motivés pour une célébration religieuse: entrent en jeu la solennité du rituel, le sérieux du oui prononcé devant Dieu, la sacralisation du lien conjugal, la dimension publique de la fête. Un mariage coûte cher, des milliers de francs et plus: robes et costumes, photos, fleurs, apéro, repas, désormais honoraires des wedding planers; concierge et organiste du temple sont aussi à rétribuer. Mais le cœur de la fête – entretiens avec le pasteur, son travail de création, le culte – reste gratuit. Paradoxe: le décorum est onéreux, les couples y tiennent, mais le noyau gratuit a plus de prix encore, à leurs yeux.
  5. La visite
    Notre société bannit le spontané: même avec un ami, il faut prendre rendez-vous. C’est dire le privilège des pasteurs et diacres, qui offrent librement leur présence, visitent les malades en hôpital ou les détenus en cellule, sont invités dans les foyers, associés aux grands moments de l’histoire familiale, deuils y compris. Ces rencontres sont cadeau, partages essentiels, existentiels. Visite dans l’autre sens: depuis dix-vingt ans, de nombreux lieux d’accueil et d’écoute se sont ouverts, où des ministres reçoivent en cure d’âme suivie des personnes qui ont besoin d’accompagnement humain et spirituel.
  6. Les œuvres d’entraide
    Les Eglises ont souvent été pionnières: avant les hôpitaux laïcs, il y a eu les hospices et les bonnes sœurs; ancêtres de la Sécu, les patronages et œuvres de charité. Malgré le développement massif des services sociaux, les œuvres à vocation chrétienne subsistent et s’adaptent. L’EPER, créée après la guerre comme Entraide protestante aux églises ruinées, s’est reconvertie au service des Eglises et des réfugiés. Le DM-échange et mission stimule les relations Nord-Sud. Le Centre social protestant reste un maillon essentiel dans le tissu des solidarités. Pain pour le prochain a fêté en 2011 un demi-siècle d’existence.
  7. Aube et crépuscule
    Ces moments symboliques entre ombre et lumière, liés à des temps liturgiques, sont marqués par diverses cérémonies, humbles dans leur propos et leur tenue: feux de l’Avent; chaudron et chorale de l’Armée du salut dans les rues passantes de décembre; troupe chantante dans les rues au matin de Noël; liturgie de la résurrection initiée dans la nuit jusqu’au surgissement de l’aube pascale. Parfois l’aventure vire au défi: gravir la Dent-de-Vaulion par température sibérienne, enfoncer dans la neige, buches dans le sac à dos; là-haut, allumer le feu de l’Avent en plein blizzard.
  • Etienne Rochat-Amaudruz
* La liste est à consulter sur www.patrimoine.vd/ traditions- vivantes