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Actualité
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L'Eglise dans la crise grecque |
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| 29-08-2012 | |||
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En Grèce, l’Eglise orthodoxe et les citoyens s’organisent pour tenter d’éviter un krach social
Contrairement aux rumeurs, l’Eglise orthodoxe paie ses impôts. Elle est présente dans la société avec des maisons de retraite, des écoles, un soutien spirituel et psychologique à la population. Bien placée pour identifier les besoins, elle est partenaire de nombreuses initiatives. Par exemple, ce cabinet social à Hellenikon dans le sud d’Athènes, ouvert en janvier dernier à l’initiative d’un cardiologue. En quelques mois, deux cents bénévoles se sont engagés. Médecins et personnel soignant donnent un jour par semaine de leur temps pour des consultations gratuites à une population sans emploi et sans assurance maladie, toujours plus nombreuse. «Agir me donne la sensation de ne pas subir, déclare Nikos, 17 ans, bénévole. Mes parents sont très préoccupés. Comme j’ai du temps libre durant les vacances, je suis heureux de faire ma part.» Dans cette crise sans précédent, le terme de solidarité est sur toutes les lèvres et beaucoup la pratiquent au quotidien. La chaîne privée de radio et télévision Sky, en partenariat avec l’Eglise orthodoxe et l’association des médecins, a lancé une vaste campagne de récolte de médicaments et de nourriture dans 4000 supermarchés du pays. La clientèle peut déposer dans un caddie de la nourriture qui sera ensuite redistribuée par l’Eglise. Un million de kilos de nourriture ont été récoltés. Chaque samedi, des médicaments sont collectés, pour être ensuite triés et redistribués par des médecins bénévoles. «La situation est difficile, car tout le monde a peur de ce qui va arriver», déplore Vassiliki Iliopoulou, professeur et volontaire au cabinet social d’Hellenikon. «Nous n’achetons plus rien, il n’y a plus de flux d’argent, l’économie est paralysée. La situation est dramatique, car l’avenir ne débouche plus sur rien. Il y a de plus en plus de dépressions et de suicides.» La colère gronde
Une crise moralePour le Père Chrysostome, directeur financier de l’Eglise, «l’Eglise ne fait pas de politique et cette crise est universelle, morale et éthique. Chaque jour, il faut trouver de nouvelles stratégies pour surmonter la crise. Il faut dépasser les murs de l’Eglise, car les préoccupations spirituelles viennent en second plan. L’essentiel est de satisfaire les besoins vitaux de chacun, sans discrimination confessionnelle. C’est une question de dignité humaine!» Christos Yannaras, théologien, philosophe et professeur émérite à l’université d’Athènes très présent dans les médias grecs, analyse la situation. «Aujourd’hui, la Grèce n’a pas grand-chose à apporter à l’UE, car elle n’est qu’imitation des autres Etats, affirme-t-il. Il faudrait qu’un parti politique ait conscience de la particularité hellénique et lui donne une expression politique. Notre particularité, c’est notamment une primauté de la communauté et des relations interpersonnelles par rapport à l’individu. La Grèce pourrait apporter cette spécificité dans le concert des nations.» Pour le théologien, l’Eglise orthodoxe reste une ressource décisive pour la Grèce: «Gardienne des traditions, elle a la responsabilité de transmettre cette conscience hellénique.»
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Les Grecs sont amers et en colère. Ils ont le sentiment d’avoir été trahis et abandonnés par les politiques grecs et par l’Union européenne. L’incertitude torture et menace au quotidien. Même si la fréquentation de l’Eglise a diminué, la plupart des Grecs sont croyants, se sentent orthodoxes et vont à l’église pour les fêtes. Pour le Père Malcolm, prêtre anglican établi de longue date en Grèce, «les relations entre les citoyens et l’Eglise ne ressemblent pas à celles que nous avons en Europe occidentale. Ici, croire en Dieu est aussi naturel que respirer. Dieu est Dieu et personne ne le conteste.» Personne ou presque. Une minorité d’athées et certains croyants sont plus critiques. «L’Eglise est une organisation traditionaliste, analyse Jésus au volant de son taxi jaune. Elle a toujours été paternaliste, plutôt que d’aider le peuple grec à gagner son propre pain. Il ne suffit pas d’offrir une bouchée de pain. Pourquoi l’Eglise ne dénonce-t-elle pas publiquement les dérives du clientélisme ou les prises de positions du parti néonazi Aube dorée? N’est-ce pas contraire à l’évangile?» s’indigne-t-il.
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